Politique et société

FAQ – Dermatose nodulaire contagieuse (DNC)

Comprendre la situation sanitaire, les mesures et leurs enjeux.

Comprendre la situation sanitaire, les mesures et leurs enjeux.

Situation sanitaire : où en est-on ?

Quels sont les chiffres clés à retenir ?

Depuis l’apparition de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en France en juin 2025 :

  • 113 foyers ont été recensés
  • 80 élevages concernés
  • 11 départements touchés, dont six avec un seul foyer
  • Environ 3 300 bovins abattus, soit moins de 0,02 % du cheptel français (La France compte près de 15,7 millions de bovins.)

Ces données permettent de replacer la crise dans son ordre de grandeur réel, loin des rumeurs évoquant une généralisation incontrôlée de la maladie.

Comprendre la maladie

Qu’est-ce que la DNC ?

La dermatose nodulaire contagieuse est une maladie virale strictement animale, classée maladie réglementée de catégorie A au niveau européen. Elle touche uniquement les bovins et animaux apparentés (buffles, zébus). Aucun risque pour l’homme, ni par contact, ni par la consommation de viande ou de lait.

Pourquoi parle-t-on de maladie “contagieuse” ?

La DNC est dite contagieuse car elle se propage rapidement au sein d’un territoire, mais pas principalement par contact direct entre animaux.

Comment se transmet-elle ?

La maladie se propage principalement par des insectes vecteurs tels que les taons, les stomoxes, les mouches piqueuses et les moustiques. À ce jour, la transmission par vecteurs reste la principale voie reconnue, mais l’organisation de la santé animale souligne que l’apparition de nouvelles souches recombinées suggère l’existence d’autres modes de propagation, notamment par la salive ou l’eau. La transmission par contact direct entre animaux joue un rôle secondaire, le virus pouvant circuler sur plusieurs kilomètres grâce aux vecteurs. Cette diffusion rend le contrôle de la maladie particulièrement complexe.

Quels sont les symptômes chez les bovins ?

La maladie se manifeste par une forte fièvre, accompagnée de boutons sur la peau des animaux et de ganglions enflés, ainsi que par des nodules cutanés et des lésions buccales. Elle entraîne également une baisse sensible de la production, notamment de lait, une perte de poids et des atteintes au cuir. Les conséquences peuvent être lourdes, avec des troubles de la reproduction, un amaigrissement, des avortements et, dans certains contextes, une mortalité pouvant atteindre 10 %.

Zones réglementées et restrictions

Que sont les zones réglementées ?

Dès la détection d’un foyer, des zones de protection et de surveillance sont mises en place jusqu’à 50 km autour des foyers. Les mouvements de bovins y sont strictement interdits ou fortement restreints, la surveillance sanitaire est renforcée et la vaccination devient obligatoire dans certaines zones. Ces mesures sont levées progressivement lorsque la situation est maîtrisée.

Pourquoi les mouvements d’animaux sont-ils si encadrés ?

Parce que les déplacements favorisent la dispersion du virus, augmentent le risque de foyers secondaires et compromettent l’éradication rapide. Le respect strict des règles est un levier central de maîtrise de la crise.

La stratégie sanitaire : le “triptyque”

Quelle est la stratégie retenue par les autorités ?

La lutte contre la DNC repose sur un triptyque sanitaire : Restriction des mouvements de bovins, abattage ciblé des foyers et unités épidémiologiques et Vaccination raisonnée et encadrée. Ce protocole est imposé par la réglementation européenne pour les maladies de catégorie A.

Pourquoi l’abattage est-il utilisé ?

L’abattage sanitaire vise à éliminer les animaux infectés ou potentiellement porteurs, à réduire rapidement la circulation virale et à éviter une diffusion incontrôlée à l’échelle nationale. Ce n’est pas une décision politique, mais une obligation sanitaire fondée sur l’expertise scientifique (Anses, DGAL).

Pourquoi ne pas vacciner toute la France ?

Le vaccin existe-t-il ?

Oui, mais les stocks sont limités, la vaccination massive prendrait plus d’un an et tous les animaux ne pourraient pas être protégés immédiatement.

Vacciner tout le pays réglerait-il le problème ?

Non. Une vaccination généralisée entraînerait la perte du statut sanitaire “indemne”, le blocage des exportations vers l’UE et les pays tiers, la rupture des marchés (broutards, reproducteurs, génétique) et le effondrement économique estimé à plusieurs milliards d’euros pour la filière.

Vacciner empêche-t-il totalement la circulation du virus ?

Non. La vaccination protège les animaux, réduit les symptômes mais ne permet pas de distinguer un animal vacciné d’un animal infecté dans les échanges commerciaux. C’est pourquoi l’Europe privilégie l’éradication rapide plutôt que la vaccination généralisée.

Conséquences économiques : pourquoi l’enjeu dépasse les foyers

Quels sont les risques en cas d’échec de la stratégie actuelle ?

Si la DNC n’est pas contenue, deux scénarios majeurs se dessinent. Le premier serait une vaccination généralisée de l’ensemble du territoire. Une telle décision entraînerait la perte du statut sanitaire indemne de la France, condition essentielle au maintien des échanges commerciaux. Elle se traduirait par un blocage des exportations et un choc économique majeur pour la filière bovine. Le second scénario serait une mise sous contrôle renforcé de la France par l’Union européenne. Dans ce cas, les échanges intra-européens pourraient être suspendus, provoquant une rupture brutale des marchés. Les animaux resteraient bloqués dans les élevages, les cours chuteraient et les pertes économiques s’accumuleraient, jusqu’à paralyser durablement l’ensemble de la filière bovine. Dans ce contexte, la Commission européenne pourrait décider de fermer les marchés à l’export si elle estimait que la France ne parvient pas à maîtriser l’épizootie, afin de protéger le reste du territoire européen. Et par conséquent, arrêt des mouvements des animaux (broutards, veaux laitiers), blocages des produits transformés (fromages au lait cru, viandes bloquées) et s’en suivra un effondrement des prix.

Indemnisations : comment les éleveurs sont-ils accompagnés ?

Les éleveurs touchés par un foyer bénéficient d’un accompagnement financier de l’État, dont l’objectif est de permettre le redémarrage de l’élevage sans mettre l’exploitation en difficulté. Le nettoyage et la désinfection des installations sont entièrement pris en charge. Les animaux abattus font l’objet d’une indemnisation immédiate sous forme d’un forfait de 2 100 € par vache, complété, si nécessaire, par une expertise pour ajuster l’indemnisation à la valeur réelle, et les frais de repeuplement sont également couverts. Enfin, la perte de production est compensée : les revenus habituels sont indemnisés pendant la période d’arrêt, soit trois mois pour les élevages laitiers et douze mois pour les élevages allaitants.