Jérémy Giroud, vice-président installation chez JA national
Politique et société
France

Une session RGA qui repositionne JA au cœur des territoires

Attendue chaque année avec beaucoup d’impatience, la session RGA (renouvellement des générations en agriculture) est un moment phare du syndicat Jeunes Agriculteurs. L’édition 2023 se déroule du 24 au 26 janvier à Saint-Valery-sur-Somme, au cœur de la baie de Somme. Jérémy Giroud, vice-président national à l’installation, nous expose l’enjeu majeur de cette session autour du rapprochement entre le syndicat JA et les intercommunalités.

Avec comme principal objectif de travailler au renforcement de la place du RGA au sein des collectivités territoriales, cette session RGA fait suite au rapport moral 2022 dédié aux leviers permettant de favoriser les relations entre les structures JA et les acteurs des territoires. Un sujet d’autant plus important que les régions sont depuis le 1er janvier 2023 les nouvelles cheffes de file des aides à l’installation (DJA), en substitution de l’État. Et alors que les dispositifs à l’installation étaient jusqu’à présent gérés conjointement par la profession agricole et l’État, la multiplication des offres à l’installation privées ou publiques émanant des territoires vient petit à petit bousculer l’ordre établi. Dans tout ce méli-mélo, JA doit prendre les devants pour réaffirmer sa place et faire reconnaître son expertise. On peut dire que cette session RGA tombe à pic.

Tandis que le deuxième jour de la session bat son plein, Jérémy Giroud, vice-président à l’installation de JA national, a pris quelques minutes pour répondre aux questions du JA mag.   

Qu’attendez-vous du réseau lors de cette session RGA ?

Jérémy Giroud : En travaillant sur le rapport moral 2022, nous avons identifié qu’un certain nombre d’échelons s’approprient de plus en plus les sujets relatifs à l’agriculture. C’est le cas notamment des EPCI, les établissements publics de coopération intercommunale, dont font partie les communautés de communes. Or aujourd’hui, le syndicat Jeunes Agriculteurs est peu ou pas présent à ces échelons. Ce qu’on attend du réseau, c’est de faire remonter des idées pour faire adhérer nos structures aux EPCI, et d’identifier des responsables JA à chaque échelon – EPCI, département, région – pour porter la voix de JA. L’objectif est d’être présent à la table des discussions dans chaque région et dans chaque EPCI.

Quels changements Jeunes Agriculteurs doit-il opérer ?

J.G. : Historiquement, notre organisation à JA est configurée pour travailler avec l’État. Nous avons un modèle pyramidal. Au niveau national, on travaille avec les ministères, en région avec les DRAAF, en département avec les DDT et ainsi de suite. Mais du fait de la décentralisation et de la relocalisation des politiques publiques au niveau des territoires, nous ne pouvons plus faire l’impasse sur un rapprochement de JA avec l’ensemble des acteurs du territoire. Imaginons que demain, les régions deviennent autonomes, à l’image des länder allemands ?

Qu’est-ce que JA a à gagner à se rapprocher des collectivités territoriales ?

J.G. : Même si notre objectif est d’être présent sur tous les sujets agricoles, le dossier numéro un reste l’installation. Ces dernières années, les collectivités ont beaucoup travaillé sur le développement des PAT (projets alimentaires territoriaux) notamment dans le cadre de l’approvisionnement pour la restauration collective, mais elles ne se sont pas forcément intéressées à la transmission des exploitations et à l’installation. Nous avons donc vraiment une carte à jouer sur ces sujets fondamentaux pour JA en nous rapprochant des collectivités et notamment des intercommunalités. Les lieux de pouvoir évoluent, et cette évolution des compétences peut créer des opportunités syndicales. Tout au long de cette session, nous allons travailler sur la manière dont JA peut s’intégrer pleinement dans les EPCI pour continuer d’exister.