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Objectif : 100 000 ha de tournesol en plus, dans deux ans

Afin de les sensibiliser à l’intérêt du tournesol, la filière oléo-protéagineuse lance une campagne de communication « Avec Teo, de l’or dans votre rotation ». Elle voudrait voir grimper les surfaces consacrées à la culture en France d’ici à 2022.  

Tournesol en fleurs

Les surfaces de tournesol sont passées de 552 000 ha en 2018 à 604 000 ha en 2019 et devraient encore augmenter en 2020, par l’effet du report de certaines cultures d’hiver sur les cultures de printemps. Mais pour la filière oléo-protéagineuse, ce n’est pas encore assez au regard des avantages qu’apportent la culture. Pour ses responsables, le tournesol pourrait couvrir 100 000 ha de plus. C’est l’objectif qu’ils se sont fixé pour la sole française de tournesol à l’horizon 2022.

Une culture plébiscitée par les consommateurs

Le tournesol est une culture qui n’a pas de soucis de débouchés. Au contraire. « Les attentes des consommateurs encouragent la production de tournesol français, estiment les responsables de Terres Inovia, l’institut technique des oléagineux et protéagineux. L’huile de tournesol est la première huile de table consommée en France. Le déficit de matières riches en protéines à l’échelle nationale, notamment à destination de l’alimentation animale, offre de réelles perspectives au tourteau de tournesol avec une production non OGM et made in France ». Le tournesol est une culture de choix pour répondre au plan national « protéines » en cours d’élaboration, qui vise à améliorer l’autonomie protéique de la France.

Peu de produits phytos

« Le tournesol est aussi bien placé pour accompagner la transition agro-écologique dans les territoires, poursuit l’institut technique. Il améliore la durabilité des systèmes de culture dans les exploitations en limitant le recours aux produits phytosanitaires ». Par rapport à d’autres cultures, il a aussi des besoins relativement limités en azote, entre 0 et 80 unités. « Le tournesol valorise tous les types de sols, superficiels ou profonds, et conduit en sec comme en irrigué, indique Terres Inovia. Il amortit particulièrement bien les aléas du climat et permet aux agriculteurs de dégager des marges intéressantes. C’est un atout certain dans le contexte du changement climatique en cours ».

Une diversification des assolements

La filière voudrait voir les surfaces de tournesol augmenter dans les bassins historiques de production mais cherche aussi à séduire de nouveaux producteurs dans des zones où il est peu cultivé jusqu’à présent. « Le tournesol a l’avantage de diversifier les assolements, précise l’institut technique. Dans des rotations à dominante de cultures d’hiver, insérer un tournesol, une culture d’été, est un levier pour améliorer la maîtrise du désherbage ». Le tournesol est aussi une bonne tête de rotation et un bon précédent à blé. D’après les essais de Terres Inovia, le tournesol apporte une hausse de rendement en moyenne de 15 % pour le blé qui suit, par rapport à un blé sur blé. A noter qu’en deuxième culture, dans le sud de la France, il peut aussi être cultivé en irrigué après une orge précoce par exemple.