Installation : Eloi ausculte le moral des candidats à la reprise
À l’occasion du SIA PRO 2026, la société à mission Eloi a présenté, le 24 février, son premier Baromètre de l’installation agricole. Réalisée auprès de 400 porteurs de projets, l’étude met en lumière une génération déterminée, mais confrontée à un parcours semé d’embûches.
Le premier constat qui attire l’attention est que 62 % des répondants ne sont pas issus du milieu agricole. Ces nouveaux profils, âgés en moyenne de 35 ans et diplômés à 89 %, choisissent l’agriculture par passion (33 %) et par quête de sens. « Pour un tiers d’entre eux, ce n’est pas un métier mais un engagement », souligne François Moret, directeur général et cofondateur d’Eloi.
Reste que l’installation s’apparente à une épreuve. Plus de 80 % jugent le parcours difficile, dont 39 % « très difficile ». Le foncier arrive en tête des obstacles : 59 % peinent à trouver une ferme et 57 % à sécuriser un financement. « Aujourd’hui, les installations ne compensent pas les départs. Trouver la bonne ferme est le problème majeur », insiste François Moret. Des témoignages évoquent des terres introuvables ou des exploitations « déconnectées des capacités de remboursement des jeunes ». Une fois installés, 70 % citent la complexité administrative comme principal frein. « Je suis motivé, mais la paperasse gâche tout », confie un répondant. Les femmes, qui représentent 31 % de l’échantillon, pointent des difficultés spécifiques : 37 % estiment que leur genre constitue un obstacle, entre sexisme et manque de crédibilité.
77 % des futurs installés se disent confiants
Malgré ces tensions, l’optimisme domine : 77 % des futurs installés se disent confiants dans leur réussite et 69 % croient en l’avenir du secteur. Pour François Moret, « le renouvellement des générations dépend de notre capacité collective à fluidifier la transmission ». Présent lors de la table ronde, Romain Deleris, membre du bureau des Jeunes Agriculteurs, a plaidé pour un accompagnement renforcé, de l’émergence du projet à la transmission. Il a notamment mis en avant France Service Agriculture (FSA), l’une des mesures de la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture, instituer dès le 1er janvier 2027. Le dispositif élargi, selon le représentant des JA, visant à coordonner les acteurs et à ouvrir l’accompagnement au-delà du seul monde agricole. « Le conseil à un jeune qui veut s’installer : ne pas rester seul », a-t-il résumé.