Viticulture : un plan d’arrachage qui interroge, les Jeunes Agriculteurs appellent à une vision d’avenir
Le 25 novembre, au Salon SITEVI à Montpellier, la ministre de l’Agriculture est venue dévoiler un plan de sortie de crise pour la viticulture. Au programme : une enveloppe de 70 millions d’euros pour financer un nouvel arrachage de vignes et un appel à Bruxelles pour mobiliser la réserve de crise européenne. Mais, sur le terrain, ces annonces laissent un goût d’inachevé.
« Un plan qui ignore les jeunes viticulteurs », selon Jeunes Agriculteurs. Parmi les voix critiques, celle de Jean-Baptiste Sablairoles, exploitant dans l’Aude et membre du bureau Jeunes Agriculteurs en charge des dossiers viticoles. Devant la ministre, il a rappelé un manque majeur : l’absence de mesures dédiées aux jeunes viticulteurs. « On ne peut pas demander aux jeunes de bâtir l’avenir de la filière si aucune mesure ne leur est spécifiquement destinée », souligne-t-il. JA défend notamment un arrachage temporaire, réservé aux exploitants de moins de 40 ans. L’objectif est de permettre aux jeunes installés de traverser la crise sans hypothéquer leur avenir et, le cas échéant, de replanter des cépages plus adaptés au climat ou aux demandes du marché. « De l’arrachage temporaire qui ouvre des options pour réorienter, diversifier, replanter autrement », insiste Jean-Baptiste Sablairoles.
Planification agricole : penser l’après-crise
Pour Jeunes Agriculteurs, la réponse ne peut pas se limiter à des gestes d’urgence. Le syndicat rappelle la nécessité de préparer l’avenir et de donner un cap à la filière. C’est tout le sens des plans et contrats d’avenir défendus depuis plusieurs mois. Ces outils doivent permettre de diversifier les exploitations, de sortir d’un modèle 100 % viticole devenu trop vulnérable, et de sécuriser le revenu des jeunes installés. « Diversifier, c’est retrouver de la respiration économique. Une exploitation qui ne dépend pas uniquement du vin résiste mieux aux crises », explique-t-il. Le diagnostic modulaire, au cœur de cette démarche, doit aider chaque jeune à anticiper les risques, ajuster son système et élaborer une stratégie durable.
Ce que JA attend du gouvernement et de l’Europe
Si le syndicat salue un effort financier, mais pointe les nombreuses zones d’ombre autour de sa mise en œuvre et de son calendrier. Pour Jean-Baptiste Sablairoles, trois priorités se dégagent : simplifier, sécuriser, et rouvrir des perspectives. « Aujourd’hui, simplifier les normes serait déjà un premier pas. Trop d’exploitations passent plus de temps à gérer les contraintes qu’à produire », regrette-t-il. Le syndicat appelle également à réduire les barrières commerciales qui pénalisent l’export, un sujet particulièrement sensible pour les jeunes viticulteurs. « Être taxés de façon déloyale à l’export, c’est nous couper une partie de notre revenu. L’État doit se battre pour rééquilibrer la concurrence », rappelle-t-il. Enfin, JA insiste sur la nécessité de relancer l’installation des jeunes viticulteurs, aujourd’hui « au ralenti » selon les acteurs du terrain. « Si on ne redonne pas d’horizon aux jeunes, c’est toute une partie du vignoble qui va s’éteindre », avertit-il.
Une vision plus large. Pour Jeunes Agriculteurs, la feuille de route doit intégrer l’évolution du climat, les nouvelles conditions de production, les besoins alimentaires du pays et les opportunités économiques. Une vision globale que le syndicat souhaite inscrire dans la durée.