Tuberculose bovine : Un premier pas crucial face à la crise
Billet - La "crise silencieuse" sort enfin de l’ombre. Vendredi 24 avril 2026, les éleveurs de France reçoivent un signal fort de la part de la rue de Varenne. À l'occasion du congrès de la Fédération Nationale des Groupements de Défense Sanitaire (GDS France), la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a annoncé une revalorisation attendue de longue date : le barème des indemnisations pour abattage lié à la tuberculose bovine bondit de 33 %.
Une bouffée d'oxygène pour les exploitations. Concrètement, l’indemnisation forfaitaire pour un bovin de plus de 24 mois passe de 2 500 € à 3 350 €. Sur son compte X, la ministre de l’agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire a martelé l'importance de cette mesure : « +850 € par bovin adulte : c’est l’engagement que je prends aujourd’hui... Un signal fort, concret à la hauteur des sacrifices que cette maladie impose à nos exploitations. ». Cette hausse s'accompagne d'une rétroactivité bienvenue pour la campagne 2025-2026. Surtout, l’État accepte enfin de prendre en charge 100 % des frais de nettoyage et de désinfection (contre 75 % auparavant) ainsi que les frais d’euthanasie des animaux non transportables. Jusqu'ici, ces coûts constituaient une double peine pour des éleveurs déjà épuisés.
La fin d'une situation "insupportable" ?
Il y a quelques semaines encore, JA, la FNSEA, la FNB et la FNPL tiraient la sonnette d'alarme dans une note que nous relayions dans nos colonnes. Elles y dénonçaient une situation devenue « insupportable » pour des exploitations plongées dans une « grande vulnérabilité économique, psychologique et sociale ». Pour plus de détails sur les mécanismes de cette maladie et ses conséquences territoriales, nous vous invitons d'ailleurs à relire notre enquête complète : « Tuberculose bovine : une crise silencieuse qui gagne du terrain ». Car les chiffres ne mentent pas. Avec 93 foyers recensés en 2025 contre 81 l’année précédente, et une recrudescence marquée début 2026, la stagnation n'est qu'apparente. En Nouvelle-Aquitaine, où se concentrent 70 % des foyers, l'endémisation locale menace directement notre précieux statut d'indemne.
Rester vigilants sur le "maillon faible"
Si les syndicats saluent une « avancée importante », ils préviennent que le combat est loin d'être gagné. Deux points restent en suspens. D'abord, la prise en charge des pertes laitières sur toute la durée des arrêtés préfectoraux, car le lait non collecté reste aujourd'hui un angle mort financier. Ensuite, la question de la faune sauvage. Comme le rappelait notre article de mars, les blaireaux et sangliers restent le « maillon faible » de la prévention. Les organisations professionnelles exigent une stratégie nationale offensive incluant une régulation accrue et une simplification du piégeage. L'État a fait un pas. Il doit maintenant accélérer la mise en œuvre de la feuille de route 2024-2029. Les éleveurs ne peuvent plus être les seuls remparts d'une politique sanitaire nationale dont dépendent tous nos échanges commerciaux.
À l’occasion de son discours de clôture au congrès du Groupements de Défense Sanitaire France, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire, a annoncé une revalorisation du barème des abattages liés à la tuberculose bovine, ainsi que l’application rétroactive de cette mesure pour 2025-2026. La FNSEA, Jeunes Agriculteurs, la FNB et la FNPL saluent une annonce attendue de longue date par les éleveurs. Elle marque une avancée importante pour améliorer l’accompagnement des exploitations touchées par cette maladie.
Cette revalorisation se traduit par une augmentation d’environ 33 % des indemnisations forfaitaires. Par exemple, pour un bovin de plus de 24 mois, l’indemnisation passe de 2500 € à 3 350 €. Dans certains cas, ces forfaits peuvent être majorés (bovins inscrits au livre généalogique, reproducteurs, femelles gestantes…). Ces majorations, listées dans l’arrêté ont également bénéficiées de cet ajustement de 33%.
Bien que certaines évolutions auraient pu faire preuve d’une ambition accrue, ces annonces constituent néanmoins un signal encourageant. Elles devraient contribuer à renforcer l’adhésion des éleveurs aux mesures sanitaires dans un contexte de lutte contre la tuberculose bovine.
Par ailleurs, la prise en charge par l’État des opérations de nettoyage et de désinfection sera désormais prise en charge à 100 % contre 75 % auparavant. Cette harmonisation, attendue de longue date, constitue une avancée significative. Aussi, les frais d’euthanasie, des animaux non transportables, jusqu’ici supporté par l’éleveur, seront désormais pris en charge par l’État.
Les aides perçues, dans le cadre du déficit momentané de production (DMP) appliquées au lait, pourraient être doublées sur décision préfectorale, notamment pour les élevages en agriculture biologique et pour ceux touchés par la tuberculose bovine, et pourrait ainsi passer de 3 mois à 6 mois.
Pour autant, nos organisations professionnelles restent pleinement mobilisées et vigilantes. La FNSEA, Jeunes Agriculteurs, la FNB et la FNPL appellent l’État à accélérer sans délai la mise en œuvre de la feuille de route tuberculose 2024-2029, en concertation étroite avec les acteurs des filières, notamment sur :
La prise en charge des pertes laitières sur toute la durée des arrêtés préfectoraux de déclaration d’infection (APDI), pour faire face aux difficultés des laiteries à collecter le lait.
Le renforcement de la régulation de la faune sauvage, incluant une évolution du cadre réglementaire du piégeage
Face à l’ampleur des enjeux, sanitaires et économiques, la responsabilité de l’État est pleinement engagée. La conservation du statut indemne de la France ne pourra être assurée sans des moyens à la hauteur et un accompagnement juste des éleveurs. Ceux-ci ne peuvent plus être les seuls à supporter les conséquences d’une politique sanitaire nationale.