Élevage de vaches en plein air en Nouvelle-Zélande.
Politique et société
Internationnal

Nouvelle-Zélande : bienvenue au pays de l’or blanc

Premier exportateur mondial de produits laitiers, le pays du kiwi et des All Blacks est très attentif au bon état économique et social de cette filière.

La Nouvelle-Zélande est le premier exportateur mondial de produits laitiers. Juste devant l’Union européenne, il assure le tiers des échanges internationaux, avec une progression constatée de 12,9 % en 2016. Et ce pays exporte vers un marché qui est loin d’un risque de saturation : l’Extrême-Orient (Japon, Indonésie, Malaisie, Thaïlande, Philippines…) et le Moyen-Orient (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Égypte…). Et surtout la Chine, qui à elle seule absorbe 25 % des produits laitiers néo-zélandais, et dans laquelle la fringale de consommation des classes moyennes, après quatre décennies d’austérité maoïste, est loin d’être assouvie.

Fonterra, numéro 1 mondial incontesté

C’est une situation unique : la production laitière du pays est à 95 % une activité d’exportation. Une ressource vitale, mais qui présente un inconvénient majeur : le prix du lait est très volatil. Le problème pour la Nouvelle-Zélande, c’est d’en stabiliser le revenu. D’où l’option résolue de ses gouvernements successifs : développer une agro-industrie laitière qui fixe sur place un maximum de valeur ajoutée et assure au plan international une meilleure régularité financière. L’exportation se fait à 50 % en poudre de lait, à 17 % en beurre et matières grasses, à 11 % en fromages et le reste en caséines, laits infantiles et compléments protéiques divers.

Cette efficacité exportatrice se base sur une forte concentration de la filière. Une coopérative géante, Fonterra, assure 95 % de la collecte auprès de près de 14 000 producteurs. Avec des unités de traitement gigantesques qui emploient quelque 20 000 salariés. L’usine Te Rapa, par exemple, près d’Auckland, traite 7 millions de litres par jour et ses 600 salariés produisent 300 000 t de poudre par an. Fonterra a par ailleurs noué des partenariats avec des établissements de plusieurs pays – dont Nestlé – et implanté des filiales dans de nombreux pays – dont la France. Elle est aujourd’hui le numéro un mondial incontesté.

« Plus de vaches que d’humains »

Ce n’est pas pour autant la vie en rose. En 2017, Fonterra a dû verser 105 M€ à Danone pour livraison de poudre de lait suspectée de contamination. Une accusation qui s’est avérée par la suite fausse. Mais c’est dans le pays lui-même que cette concentration soulève des contestations croissantes. D’abord par des petits producteurs et quelques coopératives de proximité qui résistent à la concentration, comme la Westland milk products. Ensuite, selon la sociologie, pour des raisons d’acceptabilité sociale : sur une superficie moitié moindre que la France (270 000 km²), l’archipel élève un million de laitières de plus (jusqu’à plus de 5 millions en 2015).

« Nos îles ont plus de vaches que d’humains », plaisantait récemment un journaliste néo-zélandais. Avec des conséquences croissantes sur l’environnement, notamment par l’augmentation des effluents et la pollution croissante des sols et des cours d’eau. Le débat s’est ouvert voici plusieurs années dans l’opinion et les pouvoirs locaux. Il a entraîné à partir de 2016 une amorce de diminution du cheptel de vaches laitières, aux environs de 4,7 millions début 2018. Le problème reste à l’ordre du jour.