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Maïs : rendement historiquement bas en France

Publication ce 13 octobre par Agreste, le service statistique du ministère de l'Agriculture, des dernières estimations de récolte pour la campagne 2025-2026. Lourdement frappées par les canicules et une sécheresse persistante, les cultures estivales enregistrent des chutes historiques de rendements et de surfaces.

Grandes cultures. Un rendement du maïs au plus bas sur plus de 30 ans, qui s’ajoute à la baisse des surfaces.

Une récolte de maïs divisée par deux. La production française de maïs grain est désormais attendue à 7,3 millions de tonnes, un volume en forte baisse par rapport aux estimations initiales de 9,1 puis de 8 millions de tonnes. Ce chiffre traduit une production quasiment divisée par deux sur un an. Cette chute s'explique par la combinaison d'une baisse des surfaces cultivées de 28% et d'un  effondrement des rendements nationaux de 27%. En moyenne, le rendement s'établit à 63 quintaux par hectare, soit une perte de près de 24 q/ha par rapport à 2025. La baisse atteint même 28 q/ha sur les parcelles non irriguées. D'après Agreste, « il faut remonter à l'année 1990 pour observer un rendement national aussi faible, qui s'établissait alors à 60,3 q/ha ».

Des réorientations de cultures et des tensions sur l'ensilage

L'impact de la sécheresse a profondément modifié la physionomie des parcelles. Les surfaces de maïs grain ont diminué de 305 000 hectares en raison des choix opérés au moment des semis. Par ailleurs, 150 000 hectares, jugées en mauvais état à la fin de l'été, ont été réorientés vers l'ensilage pour nourrir les animaux. Malgré cette hausse des surfaces destinées au maïs fourrage, « la production globale reculerait de 29 % sur un an », a précisé le service statistique. Le rendement de ce segment est lui aussi révisé à la baisse, « s'établissant à moins de 87 q/ha, contre 90,3 q/ha estimés en septembre ».

Un tableau général assombri pour les grandes cultures

Les difficultés climatiques de l'été ne se limitent pas au maïs. La production de blé tendre est légèrement abaissée à 31,5 millions de tonnes, tandis que les récoltes d'orges affichent un recul de 11 % sur un an. Les oléagineux subissent également de plein fouet ces conditions climatiques extrêmes : « le tournesol et le soja atteignent des niveaux de production inférieurs de 30 % aux moyennes enregistrées entre 2021 et 2025 », le rendement du tournesol touchant un point bas historique depuis au moins 1980. Enfin, la production de betteraves industrielles est attendue au plus bas depuis 1980 à 25,3 millions de tonnes, alors que la pomme de terre de conservation recule de 22 % par rapport au record de 2025, malgré un léger sursaut favorisé par les pluies tardives.