EMPLOI AGRICOLE : emploi 2024 et estimations provisoires 2025
Selon l’étude « Les Dossiers » d’Agreste publiée dans son numéro de septembre 2026, l’emploi mobilisé par les exploitations agricoles de France métropolitaine poursuit sa baisse en 2024. Le volume de travail s’établit désormais à 654 460 équivalents temps plein (ETP), marquant un recul de 1,3 % sur un an, soit une perte nette de 8 730 ETP. Après la contraction marquée de 2023 (- 2,5 %), ce repli se modère mais demeure plus prononcé que la tendance observée depuis 2010 (- 1,0 % par an en moyenne).
Ce déclin s'explique intégralement par la diminution de l'emploi non salarié, directement liée à la baisse du nombre d'exploitations. Le volume de travail des chefs d’exploitation et coexploitants s'érode de 2,0 %, soit 7 370 ETP en moins, tandis que celui des conjoints et autres actifs non-salariés chute de 9,3 %. Les chefs d’exploitation continuent d'assurer la majorité du travail agricole avec 55,4 % des ETP totaux, mais la structure des fermes se transforme au profit du salariat. L’emploi salarié permanent se maintient à 27,1 % du total, le travail saisonnier progresse légèrement à 11,8 % (+ 0,4 %), et les prestations réalisées par les entreprises de travaux agricoles (ETA) et les Cuma augmentent de 1,8 % pour atteindre 2,8 % de l'ensemble. Sur le plan sectoriel, le recul de l'emploi touche la majorité des orientations technico-économiques. Il s'avère particulièrement marqué en viticulture (- 2,4 %), en céréales et oléoprotéagineux (- 2,1 %) et dans les élevages de bovins viande (- 2,1 %). À elles seules, ces trois spécialisations concentrent près des deux tiers de la baisse nationale. La viticulture demeure néanmoins la première orientation agricole en volume de travail avec 127 160 ETP. À l'inverse, quelques filières connaissent une légère reprise, à l'image de l'élevage porcin (+ 0,6 %) et du maraîchage (+ 0,3 %).
Géographiquement, la baisse affecte la quasi-totalité du territoire. Elle est plus prononcée en Nouvelle-Aquitaine (- 2,5 %, soit - 2 760 ETP) et en Occitanie (- 2,1 %, soit - 1 910 ETP), deux régions qui concentrent à elles seules plus de la moitié du recul national. L'Île-de-France accuse également un net repli (- 2,1 %), alors que la Bretagne fait preuve d'une quasi-stabilité (- 0,1 %) et que la Corse est la seule région à enregistrer une légère hausse (+ 0,4 %).
Un rattrapage modéré aligné sur le Smic
Côté rémunérations, le salaire horaire brut moyen dans les exploitations agricoles s'établit à 14,49 euros en 2024, en hausse de 2,2 % sur un an, soit une progression alignée sur celle du Smic (+ 2,2 %). Le salaire agricole moyen reste supérieur de 24 % au Smic horaire brut (11,69 euros). Les gains bénéficient davantage aux salariés permanents (+ 2,8 %, à 14,89 euros) qu'aux saisonniers (+ 0,9 %, à 13,56 euros), ce qui élargit l'écart de rémunération entre ces deux statuts. Les niveaux de salaire demeurent les plus élevés en viticulture (16,10 euros) et en élevage avicole (15,98 euros), tandis que les élevages de bovins viande ferment la marche avec 12,11 euros. Enfin, selon les estimations provisoires communiquées par Agreste, le volume d'emploi agricole devrait continuer de diminuer en 2025 à un rythme estimé à - 0,8 %, consolidant la restructuration du travail au sein de la ferme France.