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Référent bien-être animal dans chaque élevage : surtout un moyen de rassurer les consommateurs ?

Depuis le 1er janvier 2022, un référent « bien-être animal » doit être désigné dans chaque élevage français. Ce référent peut être le responsable de l’élevage lui-même ou bien un salarié.

Référent bien-être animal dans chaque élevage : surtout un moyen de rassurer les consommateurs ?

D’après l’arrêté paru au Journal officiel le 29 décembre précisant les modalités de désignation du référent « bien-être animal », la principale mission de ce dernier au sein de l’élevage serait de « sensibiliser les personnes exerçant leur activité en contact avec les animaux ». Toutefois, outre cette notion de sensibilisation, les missions du référent « bien-être animal » restent assez vagues dans le texte. Les contours de ses responsabilités, notamment, ne sont pas définis.
Par ailleurs, une distinction est faite entre les élevages de porcs et de volailles et les autres filières (bovines, ovines…). Alors qu’une formation spécifique doit obligatoirement être suivie par le référent « bien-être animal » en élevage de porcs et de volailles, cette formation au bien-être animal se fait uniquement sur la base du volontariat s’agissant des autres filières.

Formation obligatoire du référent dans les élevages de porcs et de volailles

La formation du référent « bien-être animal » en élevage de porcs ou de volailles doit débuter dans les 6 mois suivant sa nomination. Le parcours de formation, constitué d’un module distanciel commun d’une durée de deux heures et d’au moins une formation labellisée « bien-être animal » au choix du référent, doit se dérouler sur une période de dix-huit mois. Les formations sont exclusivement délivrées par des organismes partenaires désignés par le ministère en charge de l’agriculture, à savoir Vivéa et Ocapiat.

Par ailleurs, pour être à jour, le référent « bien-être animal » devra renouveler ce parcours de formation tous les 7 ans. Six diplômes, titres et certificats enregistrés au répertoire national des certifications professionnelles sont reconnus pour leur formation au bien-être animal en élevage de porcs ou de volailles (voir ci-dessous). Les référents « bien-être animal » titulaires de l’un de ces diplômes, titres ou certificats devront suivre le parcours de formation au plus tard 7 ans après leur obtention.

Diplômes, titres et certificats enregistrés au répertoire national des certifications professionnelles sont reconnus pour leur formation au bien-être animal en élevage de porcs ou de volaill
Diplômes, titres et certificats enregistrés au répertoire national des certifications professionnelles sont reconnus pour leur formation au bien-être animal en élevage de porcs ou de volailles.

Rassurer les consommateurs avant tout

« En pratique, la nomination d’un référent “bien-être animal” ne va pas changer grand-chose dans les élevages français, car quand tu es éleveur, le bien-être animal fait partie de ton quotidien, explique Manon Pisani, cheffe d’élevage dans une exploitation porcine et responsable du dossier Bien-être animal chez Jeunes Agriculteurs. La seule utilité que j’y vois, c’est de rassurer le consommateur pour qu’il privilégie un achat de viande française. » Elle regrette également une certaine « infantilisation des éleveurs, pourtant diplômés, mais qui se retrouvent à être obligés de prouver leurs compétences par des formations ». « Même si cette formation ne va pas révolutionner les pratiques d’élevage, elle peut toutefois faire office de piqûre de rappel pour certains éleveurs » consent toutefois l’éleveuse. Manon Pisani est en train de reprendre la ferme d’un agriculteur qui part à la retraite et espère finaliser son projet d’installation d’ici 6 mois. Elle compte se nommer elle-même référente « bien-être animal » dans sa future exploitation.