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Lancement de l’application Boviwell pour évaluer le bien-être animal

Soucieuse de répondre aux attentes sociétales, Interbev, l’interprofession du bétail et des viandes, a annoncé dimanche 27 février la matérialisation de l’outil Boviwell sous forme d’application. Avec le déploiement de ce dispositif, la filière entend faire progresser les élevages sur la question du bien-être animal. Les informations tirées des diagnostics terrains sont centralisées sur une même base de données afin, dans un second temps, de communiquer, chiffres à l’appui, sur les efforts entrepris.

Lancement de l’application Boviwell pour évaluer le bien-être animal

« Pour l’heure, près de 4 752 exploitations ont été diagnostiquées dont 1 685 élevages bovin allaitant (dont 963 inscrits en Label Rouge) », a déclaré Emmanuel Bernard, président de la section bovine d’Interbev à l’occasion de la présentation de l’application Boviwell au Salon de l’agriculture. Près de 350 techniciens s'attèlent à la réalisation des diagnostics dans les élevages. Déployé depuis 2018, l’outil Boviwell va désormais se matérialiser sous forme d’application afin de centraliser les informations sur une base de données unique sécurisée. L’objectif, explique Interbev, n‘est pas de rendre l’outil obligatoire mais bien de le généraliser afin de recueillir le maximum de données concernant les pratiques des éleveurs français. Par ce biais, l’interprofession souhaite aussi montrer que les éleveurs s’engagent en faveur du bien-être animal.

L'application Boviwell
L'application Boviwell (photo Interbev)

Cinq paramètres concrets évalués

Le diagnostic, réalisé par le technicien formé à l’outil, dure entre deux et trois heures. Il s’appuie sur cinq paramètres principaux : liberté 1 : ne pas souffrir de faim, de soif et de malnutrition, liberté 2 : ne pas souffrir d’inconfort, liberté 3 : ne pas souffrir de douleur, de blessure ou de maladie, liberté 4 et 5 : ne pas éprouver de peur ou de détresse, pouvoir exprimer des comportements normaux pour son espèce. Sur chacun de ces volets, plusieurs critères tels que les jeux de langue, les toux, les respirations difficiles, les succions ou la saleté des animaux figurent parmi les éléments mesurés.

Sur les 5 000 élevages diagnostiqués à ce jour, le niveau de bien-être animal qualifié de « supérieur » ou « excellent » atteint les 93 %, communique Interbev.

L’interprofession explique qu’elle travaille actuellement sur l’ajustement des critères de bien-être animal aux conditions extérieures. Par exemple, sont évalués de manière qualitative et quantitative la mise en place de haies pour que les animaux puissent se protéger, la taille et le nombre d’abreuvoirs ou encore la relation homme-animal. Sur ce dernier critère, les professionnels reconnaissent des difficultés à appliquer certaines évaluations. « Il y a par exemple un test qui consiste à passer à un mètre de l’animal pour mesurer sa réaction, explique un membre d’Interbev, en extérieur ce même test est un peu plus difficile à réaliser. »

L’interprofession ambitionne de s’appuyer sur l’outil Boviwell pour créer de la valeur et permettre ainsi « une juste rémunération des éleveurs bovins français ».