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Récolte 2020, des rendements en berne

Les céréales, colzas et protéagineux ont souffert d’un hiver trop humide et d’un printemps trop sec. Résultat, quelques bonnes surprises dans les secteurs qui ont bénéficié d’orages au bon moment, mais surtout beaucoup de déceptions.

Recolte de blé tendre

2020 restera dans les mémoires, comme une année bien compliquée pour les grandes cultures. D’après les premières estimations, le rendement en blé tendre est en recul de 11 q/ha par rapport à 2019. Agreste, le service statistique du ministère de l’Agriculture, estime qu’il devrait se situer aux alentours de 68,3 q/ha contre 79,1 q/ha l’an dernier.

Une baisse en blé, de 26 %

Seuls la Normandie, les Hauts-de-France, la Marne et l’Alsace, tirent à peu près leur épingle du jeu. Mais y compris dans ces départements un peu moins pénalisés que les autres, des secteurs entiers affichent des résultats bien inférieurs à la moyenne des cinq dernières années, selon que des orages se sont ou pas manifestés au printemps. Ailleurs, ce sont les départements tout entiers, qui ont souffert très souvent de pluies excessives pendant l’hiver, puis d’un printemps très sec. Agritel estime la récolte française de blé tendre à 29,22 millions de tonnes, soit en baisse de - 26 % par rapport à celle de 2019. « C’est la troisième plus petite récolte de ces 25 dernières années après les tristes références de 2003 et 2016 », constate Michel Portier, directeur général de la société de conseil. « Certaines années assez hétérogènes, les rendements en blé tendre vont du simple au double, souligne un responsable de coopérative des Hauts-de-France. Cette année, c’est du simple au triple ».

La qualité au rendez-vous

Un département comme l’Eure-et-Loir termine avec un rendement de 71 q/ha, soit 14 q/ha de moins que l’an dernier. Près des deux tiers des départements devraient finir la campagne avec un résultat inférieur à 60 q/ha. Heureusement, la qualité est au rendez-vous. « Les teneurs en protéines devraient répondre aux besoins des utilisateurs des blés tendres français, constate Arvalis, Institut du Végétal. Les moyennes régionales sont généralement supérieures à 11,5 %, voire 12 % sauf dans les Pays de la Loire, en Normandie, en Bretagne et dans les anciennes régions Picardie et Champagne-Ardenne. Et, dans la majorité des cas, l’absence de pluie jusqu’à la récolte a préservé le potentiel de poids spécifique élevé ». Les rendements en orge d’hiver comme en orge de printemps sont aussi en retrait.

En colza, des résultats très hétérogènes

En colza, les moyennes ne sont guère plus réjouissantes, et cachent aussi de très grandes hétérogénéités entre parcelles. Terres Inovia constate par exemple en Normandie, des rendements qui s’échelonnent entre 5 et 50 q/ha ! « Le colza a réservé de bonnes surprises avec des rendements corrects, par exemple au nord de la région Centre-Val de Loire et dans les Hauts-de-France, remarque Terres Inovia. En revanche, les difficultés d’implantation et le contrôle de plus en plus difficile des ravageurs, accentués par un épisode de gel tardif, expliquent les faibles rendements observés en 2020 dans les bassins Centre et Centre-Est de la France, avec des moyennes à 25 q/ha en Bourgogne et 28 q/ha en Champagne-Ardenne ». Après une bonne année 2019, les pois protéagineux ont également vu leurs rendements reculer. En plus de conditions climatiques compliquées, ils ont souffert d’une pression des ravageurs, sitones et pucerons, sans précédent.