Politique et société

« Il faut rester rationnels et unis » : Pierrick Horel dresse le bilan agricole de 2025

Président de Jeunes Agriculteurs depuis 2024, Pierrick Horel a accordé au JAMag un entretien exclusif de fin d’année. Mobilisations, politiques publiques, crises sanitaires, avenir européen ; il revient sans détour sur les dossiers qui ont marqué l’actualité agricole de 2025 et esquisse les lignes de force pour la suite.

Pierrick Horel, président de Jeunes Agriculteurs à la mobilisation agricole du 18 décembre 2025 à Bruxelles. CP : JAMag

L’année agricole 2025 n’aura laissé que peu de répit à la profession. Réformes législatives, tensions sanitaires, débats européens, démobilisation, montée des crispations dans le débat public. Pour Pierrick Horel, président de Jeunes Agriculteurs, « les sujets se sont empilés sans toujours laisser le temps d’expliquer ».

Premier symbole de cette année heurtée : la proposition de loi Duplomb-Menonville. « On a beaucoup parlé d’une molécule, l’acétamipride. Ça a cristallisé le débat avec une pétition de deux millions de signatures. Attention, quand on amène ce type de sujet, il faut préparer le public pour pouvoir en débattre sereinement », insiste-t-il. Derrière la polémique, le responsable syndical retient aussi une avancée concrète sur l'aide complémentaire des jeunes agriculteurs : « Les 55 millions d’euros fléchés par la ministre, c’est une vraie victoire pour les jeunes : 1 000 euros de plus, ce n’est pas rien. »

« Les choix faits aujourd’hui auront des impacts durables sur les filières »

Autre séquence marquante, la gestion de la DNC. Si la profession avait, selon lui, « très bien réagi en juin pour contenir la maladie de la manière la plus responsable possible », la médiatisation excessive a brouillé les repères. « On a assisté à une campagne de désinformation massive. On a perdu la rationalité. Et quand on perd son troupeau, on peut ne pas s’en relever. » D’où l’importance, martèle-t-il, de « faire confiance aux scientifiques » et de rappeler que « les choix faits aujourd’hui auront des impacts durables sur les filières ».

Une réalité démographique

Sur le terrain européen, Pierrick Horel plaide pour un cap clair. Concernant la future PAC, Jeunes Agriculteurs demande que « 10 % des aides soient consacrés au renouvellement des générations, parce que c’est la réalité démographique ». Et de défendre un changement de logique : « La corrélation n’est plus pertinente. Nous voulons des aides tournées vers les agriculteurs actifs, vers l’acte de production. »

« Ce qui compte, c’est d’inscrire notre vision »

Présent au lancement du « Grand réveil alimentaire », JA a fait le choix de s’inscrire dans le débat, sans se laisser enfermer dans la forme. « Ce qui compte, c’est d’inscrire notre vision. Nous cherchons tous les vecteurs possibles pour faire entendre ce bruit de fond : celui de la planification agricole. »

Enfin, le président de JA alerte sur un climat plus général, marqué par une montée des tensions et des discours radicaux, y compris lors des élections aux chambres d’agriculture. « C’est aussi l’expression d’un certain nombre de problèmes, avec une montée de voix populistes. » Face à cela, il appelle à un socle commun : « Restons unis. Le modèle qui fonctionne, ce sont les femmes et les hommes qui font vivre les territoires ruraux. »

👉 Retrouvez l’intégralité de l’entretien avec Pierrick Horel en vidéo sur la chaine YouTube de JAMag, pour un décryptage complet de l’année agricole 2025 et des enjeux à venir pour la jeunesse agricole.