Pas d’installation sans coopération
Installation

Pas d’installation sans coopération

La semaine de l’Agriculture Nouvelle-Aquitaine, première région agricole de France, a eu lieu du 18 au 20 mai. L’occasion de revenir sur le thème de l’installation dans une région qui concentre environ 17 % de l’emploi de la production agricole française.

Comme tant d’autres événements, le Salon de l’Agriculture de Nouvelle-Aquitaine a dû adapter son format en raison de la pandémie Covid-19. Ainsi, la première « Semaine de l’Agriculture » 100 % digitale a consisté en trois jours d’échanges et de débats en ligne. Si vous avez raté l’événement qui a eu lieu du 18 au 20 mai, il est encore temps de vous rattraper ! Tous les replays sont disponibles sur agriweb.tv.

Consacrée à l’installation-transmission, la matinée du 20 mai était d’un intérêt tout particulier pour les jeunes agriculteurs. Un débat dédié aux professionnels s’est tenu en présence (virtuelle !) de représentants JA, de jeunes installés, mais aussi de différents experts et acteurs de la dynamique de l’installation agricole.

Julien Rouger, secrétaire général Jeunes Agriculteurs Nouvelle-Aquitaine, a insisté sur l’urgence toujours plus prégnante de renouveler les générations d’agriculteurs. « Cette année encore, nous allons avoir une vague de cessations d’exploitations et de départs à la retraite, a-t-il avertit. On a un fort besoin de renouveler les agriculteurs de Nouvelle-Aquitaine. »

Jeunes agriculteurs, tissez votre réseau !

Aujourd’hui, de plus en plus de jeunes s’installent hors cadre familial. « 33 % des installations bénéficiant de la dotation JA se font hors cadre familial », indique Ludovic Charbonnier, du Crédit Agricole d’Aquitaine. Pour les HCF, mais aussi pour les jeunes qui reprennent une exploitation familiale, l’installation est un grand saut dans le vide et les réseaux d’accompagnement jouent un rôle capital en les aidant à franchir le cap. « Avancer tout seul en agriculture, c’est très compliqué », confirme Angélique Chabrely, jeune agricultrice en Haute-Vienne, installée en Gaec avec son conjoint.

Ainsi, la capacité à bien s’entourer semble être l’une des clés de la réussite de l’installation. Heureusement, de nos jours, le réseau d’aide à l’installation comporte de nombreuses ramifications. « Les chambres d’agriculture, au travers des points accueil installation, sont les portes d’entrée numéro 1 », souligne Julien Rouger. Par ailleurs, le site repertoireinstallation.com des chambres d’agriculture répertorie les conseillers présents sur tout le territoire français pour aider les jeunes agriculteurs à s'installer. En région Nouvelle-Aquitaire, le site installation-agricole.com a été conçu spécialement pour mettre en relation les jeunes et les partenaires de la région dédiés à l'installation.

Les Safer (sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural), via le portage foncier en particulier, sont également des leviers importants pour accompagner les jeunes et simplifier l’accès à la terre. « En 2019, 3 220 hectares ont été rétrocédés et stockés pour l’installation en Nouvelle-Aquitaine, pour un montant de 16 millions d’euros », indique Philippe Tuzelet, directeur général de la Safer Nouvelle-Aquitaine.

« Quand une exploitation se transmet et qu’elle est jugée viable et pertinente pour une installation de jeune, mais qu’il n’y a pas de repreneur le jour J, on stocke, on "met au frigo" en attendant d'un trouver un. »

La coopération, un outil de l’installation

Cette matinée spéciale installation en Nouvelle-Aquitaine a également mis un coup de projecteur sur la Coopération agricole Nouvelle-Aquitaine qui regroupe 270 coopératives. « C’est l’un des leviers qui permet à un jeune de solidifier son installation, en Nouvelle-Aquitaine », explique Julien Rouger. La plupart du temps, être en coop rassure le jeune agriculteur. Il se sent épaulé et peut se projeter plus facilement dans l’avenir.

Pour Denis Baro, président de la Coopération agricole Nouvelle-Aquitaine, « les coopératives, c’est du donnant-donnant ». Si elles permettent de soutenir financièrement ou par l’intermédiaire de conseils les jeunes agriculteurs, ceux-ci, quant à eux, apportent une dynamique nouvelle et des idées innovantes notamment en termes de transition agroécologique, qui remettent en question certaines pratiques de la coop et la font évoluer.

Le mot de la fin est revenu à Jean-Baptiste Cazalé, secrétaire général adjoint des JA Nouvelle-Aquitaine, lui-même installé depuis 2017. « Pour assurer la souveraineté alimentaire dont on parle tant en ce moment, il nous faudra des agriculteurs », assure-t-il. Il rappelle que 2 % du budget de la Pac est aujourd’hui dédié à l’installation. « À JA, on demande que ce pourcentage soit monté à 4 % pour répondre au grand enjeu du moment, à savoir le renouvellement des générations. »