Noix de Grenoble AOP : une récolte 2026 sous le signe de l'innovation et de la stabilité
Réunie en point presse ce 30 septembre, la filière de la Noix de Grenoble AOP a dévoilé ses perspectives pour la campagne 2026-2027. Entre révision historique du cahier des charges, défis climatiques et concurrence internationale, la filière aborde la saison avec optimisme.
Lancée le 28 septembre, la récolte 2026 s'annonce moyenne en volume, estimée entre 11 000 et 13 000 tonnes. Si la seconde partie de saison a souffert de conditions météo plus compliquées, l'irrigation a fait la différence pour certains vergers. Christian Nagearaffe, président du Comité interprofessionnel de la noix de Grenoble (CING), se veut rassurant : « le tri et les pluies récentes garantissent une excellente qualité, sans impact sur les prix qui resteront stables pour les consommateurs ».
La Fernor©, une 4ᵉ variété stratégique
Pour la première fois en plus de 80 ans d'histoire, l'AOP (créée en 1938) enrichit son éventail variétal en accueillant la Fernor© aux côtés des historiques Franquette, Mayette et Parisienne. Développée par l'INRA dans les années 70 et issue de 500 hectares de vergers, la Fernor© offre une mise à fruit rapide (5 à 7 ans contre 12 à 15 ans). Un atout majeur pour la rentabilité des jeunes nuciculteurs. Plus de 500 hectares ont été plantés. Plus grosse, plus douce (moins amère) et facile à décortiquer, elle vise à séduire de nouveaux consommateurs. « C’est un apport potentiel de 1 000 à 2 000 tonnes supplémentaires pour booster la production des 450 producteurs des Alpes », détaille Christian Nagearaffe. « Mieux adaptée au changement climatique et aux attentes actuelles du marché », rajoute-il.
Le cahier des charges s'enrichit également d'exigences agroécologiques précises : densité de 205 arbres par hectare, gestion stricte du pH du sol (qui ne doit pas descendre sous 6), apport plafonné à 140 unités d'azote et obligation d'enherbement dès le mois de septembre.
Cap sur l'export et rendez-vous en novembre
Alors que la France a produit 34 386 tonnes de noix en 2025 (selon Agreste), la Noix de Grenoble en exporte la moitié (50 %), ciblant prioritairement l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne, la Suisse et la Belgique. La filière doit néanmoins faire face à la vive concurrence des États-Unis (600 000 à 700 000 t) et du Chili (190 000 t), portés par des droits de douane nuls à l'entrée du marché européen. Pour dynamiser les ventes nationales, la filière capitalise sur la 2ᵉ édition de la Journée de la Noix Nouvelle, célébrée le 5 novembre (premier jeudi de novembre). « À l'instar des vins primeurs, ce temps fort marquera l'arrivée massive des noix fraîches sur l'ensemble des étals », conclut le président du CING.