Loup : Genevard muscle la riposte, les JA saluent un « début »
En déplacement en Haute-Marne au lendemain d’une attaque d’ovins, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, avec Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique, a annoncé un relèvement du plafond de tirs et une simplification des procédures. Les Jeunes Agriculteurs y voient une première avancée, mais jugent les mesures encore insuffisantes face à l’ampleur des dégâts.
Un plafond relevé, des procédures allégées. « Je ne laisserai jamais les éleveurs seuls face au loup », a affirmé la ministre. Le plafond annuel de prélèvements passe de 19 % à 21 % de la population estimée, avec la possibilité d’ajouter 2 % en cours d’année, soit jusqu’à 56 loups supplémentaires. Concrètement, l’objectif de 21 % correspond à 227 loups pouvant être éliminés. Le régime d’autorisation préfectorale devient déclaratif. Les éleveurs pourront tirer pour défendre leur troupeau, même sans dispositif de protection préalable. Les battues, brigades spécialisées et louvetiers pourront intervenir, y compris sur des élevages sans clôture ni chien de protection. Un arrêté doit paraître cette semaine pour acter ces annonces. La ministre a également validé la clôture expérimentale conçue par les éleveurs du Bassigny, désormais utilisable partout en France avec soutien public.
« Une petite victoire syndicale »
Pour Thomas Millot, président des JA 52, la venue de la ministre marque un tournant : « Concrètement, peut-être pas encore. Mais c’est un bon début. » Après trois mois de mobilisations et d’échanges avec le cabinet ministériel, les annonces « galvanisent » le réseau. « Le fait que deux ministères soient mobilisés montre une prise de conscience », souligne-t-il. Le maintien des indemnisations au-delà de trois attaques est aussi perçu comme un signal positif. Reste l’épreuve du terrain. « L’augmentation du plafond est trop faible. Le quota n’est pas dans le vrai. » Les JA attendent l’entrée en application des mesures pour juger de leur efficacité.
Une pression toujours forte
Au 31 octobre 2025, 11 445 animaux ont été victimes d’attaques dans les élevages. Face à cette situation, le CAF « loup », qui réunit cinq organisations agricoles – JA, FNSEA, FNO, FNB et APCA – demandait dès janvier la suppression du plafond annuel de prélèvements ainsi que l’autorisation des lunettes de tir à visée thermique. Les organisations appellent également à une évolution de la loi afin de traduire concrètement, en droit français, le déclassement du loup au niveau européen. « Nous avons été patients et force de proposition. Mais on ne peut pas maintenir une telle prédation sans mettre en péril l’élevage », avertit Thomas Millot. Les JA assurent rester mobilisés. Leur cap : obtenir des moyens de défense renforcés et inscrire la gestion de la prédation dans une loi de long terme.