loup
Politique et société
France

Prédation : une étude d'impact lancée dans le 04

Jusqu’ici plus épargnés que leurs cousins alpins, les élevages pyrénéens sont de plus en plus confrontés à la menace du loup. Une étude d'impact des mesures de protection vient d’être lancée dans le 64 à la veille du début des estives.

Alors que pour nombre d’éleveurs, la période des transhumances débute en ce moment pour s’étaler jusqu’à la fin de l’été, elle s’accompagne d'une période tout aussi redoutée : celle de la prédation

Une étude sur l’impact de la mise en œuvre des mesures de protection des animaux d’élevage dans le département des Pyrénées-Atlantiques vient d'être lancée. « C’est un département avec une grande diversité d’élevage, avec des situations d’estive très différentes des Alpes, des quartiers plus petits, dans lesquels se croisent des troupeaux de différentes espèces », confie Charles-Henri Moulin, enseignant-chercheur en sciences animales, directeur adjoint de l'UMR Cirad-Inrae Montpellier-SupAgro. L’étude ne portera pas seulement sur les zones d’estive, mais sur l’ensemble du département, ainsi que sur l’ensemble des espèces élevées (bovins, ovins, volailles). Comme l’explique Charles-Henri Moulin, « il y a des zones directement touchées par les mesures de protection, avec des évolutions probables de la végétation, des paysages. Mais il y a aussi l’ensemble du tissu rural qui dépend des activités d’élevage qu’il faut étudier ».

Imaginer des scénarios concrets

Au-delà des simples projections, l’étude doit permettre la mise en place de scénarios concrets, à partir des mesures de protection préconisées par l’État. « Par exemple, premier scénario, on essaye de protéger tous les lots d’animaux au pâturage, et on observe les conséquences, détaille le chercheur. Exemple de scénario numéro 2, si on choisit de ne pas tout protéger, quelles surfaces choisit-on d’abandonner et comment évoluent-elles lorsqu’elles ne plus pâturées ». Charles-Henri Moulin évoque ainsi le cas de « certains milieux qui se referment rapidement, comme des parcours de randonnée entretenus grâce au pâturage qui deviendrait de ce fait impraticable », provoquant ainsi un possible manque à gagner pour l’économie touristique.

Au total, l’étude portera sur trois points principaux : la viabilité économique des élevages mis en protection, l’évolution des milieux et de la qualité des paysages en cas d’abandon de certains pâturages (afin de faciliter la protection) ainsi que les impacts des scénarios de protection sur les autres usages du territoire (tourisme, randonnée, chasse…). Amorcée il y a quelques semaines, l’étude d’impact doit durer 18 mois.