France 2030 : 2,8 milliards d’euros pour enclencher la « 3e révolution agricole »
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France 2030 : 2,8 milliards d’euros pour enclencher la « 3e révolution agricole »

Le président de la République a présenté, mardi 12 octobre, le plan d’investissement France 2030 ayant pour but de booster la compétitivité industrielle française. Sur les 30 milliards d’euros de l’enveloppe, deux milliards sont consacrés aux secteurs de l’agriculture et de la forêt auxquels s’ajoutent 800 M€ supplémentaires abondés par le quatrième plan d’investissement d’avenir (PIA4).

C’est depuis l’Élysée devant un parterre d’étudiants, de représentants de la profession agricole dont le président des JA Samuel Vandaele, d’institutionnels et de la société civile qu’Emmanuel Macron a présenté le plan France 2030 qui vise un investissement de 30 milliards d’euros sur cinq ans avec une doctrine : « Mieux comprendre, mieux vivre, mieux produire ». Deux milliards d’euros sont fléchés vers l’agriculture et la forêt, auxquels viendront s’ajouter 800 millions d’euros issus du quatrième plan d’investissements d’avenir (PIA4) consacré à l’innovation et s’étalant sur 5 ans (2021 à 2025).

Le paquet sur le numérique, la robotique et la génétique

« Cet investissement massif a une ambition : bâtir la France de 2030, faire émerger les champions de demain dans les domaines des biotechnologies, de l’innovation, de l’agriculture, etc. », a affirmé Julien Denormandie lors d’un point presse. L’objectif, explique-t-il, est de faire décoller de manière significative la croissance économique du pays. Pour y arriver, les 2,8 Mrds€ auront pour objectif de propulser le numérique, la robotique et la génétique en favorisant les innovations de rupture. « Elles sont déjà en train de se déployer. Il s’agit par exemple de l’exploitation des données à travers des capteurs qui permettent d’évaluer les besoins en eau, de robots désherbeurs, de solutions de biocontrôle, de sélection variétale avec les NBT […] Les possibilités sont énormes, nous n’en sommes qu’aux prémices », a illustré le ministre de l’Agriculture.

Après l’essor de la mécanisation au sortir de la Seconde Guerre mondiale, de celui de l’agrochimie, Julien Denormandie estime désormais qu’une « troisième révolution agricole » est en marche en ciblant deux défis majeurs : celui de la nutrition de qualité et celui de la captation carbone, pour lequel « nous avons reçu l’appui et la dynamique des Jeunes Agriculteurs qui en ont fait un socle de leur action », a-t-il tenu à préciser.

Une enveloppe pour l’installation

De ces 2,8 Mrds d'euros, un milliard (dont 400 M€ du PIA4) est destiné à la recherche de solutions innovantes, à l’agrorobotique, au développement du numérique, avec un focus porté sur les innovations en lien avec le changement climatique (méthanisation, sélection des semences, etc.). Près de 850 M€ (dont 450 M€ du PIA4) sont fléchés sur l’obtention d’une alimentation durable par le biais d’une recherche sur les ferments, les microbiomes, la relocalisation des chaînes de production à l’instar de la filière fruits et légumes citée à titre d’exemple par le ministre.

Le troisième axe, doté d’une enveloppe de 500 M€, aura pour objet de soutenir en fonds propres les « entrepreneurs du vivant » en favorisant l’installation des jeunes agriculteurs et en aidant les coopératives et les entreprises de l’agroalimentaire « quelle que soit leur taille », a souligné le ministre.

« Je salue l'ambition donnée à l'agriculture avec l'annonce de ce budget consacré à la transition par l'innovation robotique, numérique et génétique ! Pensons l'agriculture de demain pour renouveler les générations », a réagi Samuel Vandaele, président du syndicat Jeunes Agriculteurs.

Afin d’illustrer concrètement ce pan relatif à l’installation, Julien Denormandie a énoncé quelques pistes d’utilisation de cette enveloppe. « On a des initiatives comme les portages, les prêts garantis qui donnent la possibilité à un jeune installé d’acquérir du foncier et de le rembourser au bout de 15 ans et non pas la première année […] L’agriculture est l’un des derniers secteurs où on a une dette de 500 000 à 600 000 € avant de se lancer », observe le ministre.