Filières avicoles : des coûts d'alimentation en hausse et une pression accrue aux frontières
À l’occasion du Sommet de l’élevage, l’Itavi (l’Institut technique des filières avicole, cunicole et piscicole) a présenté ce mercredi 7 octobre le bilan économique des filières avicoles. Alors que la viande de volaille consolide sa place de première viande consommée en France, les éleveurs font face à une reprise de la hausse des matières premières et à une concurrence internationale vive.
En septembre 2026, les cours mensuels des matières premières d'alimentation animale, lissés sur trois mois, repartent à la hausse. Le blé progresse de 5,6 % et le maïs enregistre une nette augmentation de 10,8 % par rapport au mois d'août. Du côté des tourteaux, les cotations augmentent pour le soja (+ 5,9 %), le soja non OGM (+ 2,5 %) et le tournesol (+ 4,4 %), tandis que le colza recule de 5,9 %. La luzerne (+ 0,6 %) et la pulpe de betterave (+ 1,7 %) connaissent également de légères hausses. Dans ce contexte, les indices de coût de l'aliment calculés par l’Itavi enregistrent une augmentation globale pour l'ensemble des espèces avicoles en septembre 2026 : « + 5,0 % pour le poulet standard, + 5,3 % pour la poule pondeuse et + 4,2 % pour la dinde. Sur les autres espèces, la hausse s’échelonne de + 2,7 % en lapin jusqu'à + 6,6 % pour le canard gras ».
Pression importations
Sur le marché européen, les importations de viandes de volailles ont progressé de 1,3 % en 2025. La Chine confirme sa montée en puissance avec une hausse de ses volumes exportés vers l'UE de 2 % sur un an et 7 % sur deux ans, constitués à 100 % de préparations à base de volaille. La Thaïlande augmente ses envois de 18 % et l'Ukraine de 4 %, tandis que le Brésil (- 7 %) et le Royaume-Uni (- 12 %) réduisent leurs expéditions. Côté œuf coquille, les importations de l'UE-27 ont bondi de 75 % sur la campagne 2024-2025, atteignant 12 millions d'unités. L'Ukraine demeure le premier fournisseur de l'Union européenne avec des volumes sept fois supérieurs à ceux de la Turquie. Cette dernière enregistre néanmoins une forte progression de ses exportations vers le marché européen (+ 135 % par rapport à 2024).
Défis souveraineté
Sur le marché français, la volaille de chair a confirmé en 2025 son statut de première viande consommée, portée par la dynamique continue du poulet. En parallèle, la filière œuf poursuit sa transition vers les modes d'élevage alternatifs à la cage. Ces orientations font face à un environnement complexe, marqué par des tensions géopolitiques, des risques sanitaires récurrents et les impacts climatiques de l'été 2026. Alors que la Chine développe son outil de production pour réduire ses dépendances tout en exportant ses transformés, la filière française rappelle la nécessité de soutenir la construction de nouveaux poulaillers dans le cadre des plans de souveraineté alimentaire.