À Bruxelles, la France défend une Pac forte et un MACF « neutre pour les agriculteurs »
Réunis ce mercredi 7 janvier à Bruxelles, les ministres européens de l’Agriculture échangent sur l’avenir de la politique agricole et alimentaire de l’Union. Budget de la PAC, compétitivité des exploitations et mécanisme d’ajustement carbone aux frontières figurent au cœur des débats. La France y porte une ligne ferme, dans un contexte politique sensible.
Les ministres de l’Agriculture de l’Union européenne se retrouvent ce mercredi 7 janvier à Bruxelles, à l’invitation de la Commission européenne, pour discuter de l’avenir de l’agriculture et de la sécurité alimentaire. Autour de la table : le commissaire à l’Agriculture Christophe Hansen, le commissaire au Commerce Maroš Šefčovič et le commissaire à la Santé Olivér Várhelyi. L’objectif affiché est de dresser un bilan de la situation agricole européenne et poser les jalons des priorités de l’UE à l’horizon 2026.
Un an après la « Vision pour l’agriculture »
Cette réunion intervient un an après le lancement de la Vision pour l’agriculture et l’alimentation. Les échanges portent sur les préoccupations exprimées ces derniers mois par les agriculteurs européens : « la nécessité d’un cadre budgétaire solide pour la Politique agricole commune (Pac), les perspectives de financement pour les zones rurales et les leviers à activer pour renforcer la compétitivité des exploitations ». L’autre enjeu central reste les discussions à venir sur le budget de long terme de l’Union et son système de recettes, dans un contexte de fortes contraintes financières. Pour la Commission, il s’agit de garantir que l’agriculture demeure une priorité des politiques européennes.
PAC, normes et MACF au cœur des débats
À l’ordre du jour figurent notamment l’alignement des normes de production et le renforcement des contrôles sur les importations, afin d’assurer une concurrence équitable. L’avenir de la PAC dans le cadre du futur Cadre financier pluriannuel (CFP) post-2027 est également débattu, avec un enjeu clé : sécuriser les financements indispensables aux exploitations. L’autre sujet sensible est la hausse du coût des engrais, liée à l’entrée en vigueur du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), qui pèse directement sur la rentabilité des agriculteurs. La simplification réglementaire fait aussi partie des attentes, pour alléger les charges administratives sur le terrain. Si l’accord UE-Mercosur ne figure pas officiellement à l’ordre du jour, il devrait néanmoins s’inviter dans les discussions, la question de la réciprocité des normes étant explicitement abordée.
La ligne française : équité et justice pour les agriculteurs
La ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, se rend à Bruxelles dans un contexte politique qualifié de « hautement sensible ». La France entend poursuivre son combat pour « l’équité et la justice » pour les agriculteurs, au-delà du seul dossier Mercosur. Sur la PAC, la position française est claire : « pas de baisse du budget et pas de renationalisation ». Une telle évolution ouvrirait, selon le cabinet, la voie à une concurrence délétère entre États membres et fragiliserait la sécurité économique des agriculteurs. « Nous nourrissons quelques espoirs grâce à la France, qui est largement à la manœuvre », confie l’entourage ministériel.
Concernant le MACF, la France défend la suspension du mécanisme pour les engrais. En l’état, son entrée en vigueur entraînerait un surcoût à l’approvisionnement. L’objectif affiché est clair : que le MACF ne coûte « pas un euro aux agriculteurs ».
À Bruxelles, la France entend ainsi peser dans les débats pour rappeler que la transition écologique et la compétitivité agricole doivent avancer de concert.