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Signature d'une convention pour rapprocher apiculture et agriculture

L’Institut de l’abeille, Ada France et les chambres d’agriculture ont signé, mardi 6 juillet, la convention « Agriculture-Apiculture-Pollinisation », dans le but d’améliorer la durabilité des exploitations agricoles et apicoles.

Déchargement ruche

« Les enjeux économiques ont tendance à confronter les uns avec les autres avec notamment l’exemple de la protection des cultures qui n’est pas toujours favorable à la santé des abeilles ». Sylvain Lafarge, président de l’Itsap, l'Institut de l’abeille, a le mérite d’être clair : il existe des différends entre apiculture et agriculture. Il est pourtant ici question de les mettre de côté, par la signature tripartite de la convention « Agriculture-Apiculture-Pollinisation ». Comme le résume très bien Christophe Zimmerman, président d'Ada France, cette convention doit justement « rapprocher deux mondes souvent opposés, par le dialogue et la connaissance ».

Convention « Agriculture-Apiculture-Pollinisation »

9 cultures sur 10 nécessitent des pollinisateurs

Parmi les principaux objectifs de ce rapprochement figure l’accompagnement des exploitations à l’accueil d’abeilles, avec le besoin d’assurer une ressource alimentaire via la présence de haies fleuries par exemple. « 90 % des cultures françaises ont besoin des pollinisateurs », rappelle Philippe Noyau, secrétaire adjoint de l’APCA (l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture). « La moitié du miel se fait sur de grandes cultures, notamment le colza et le tournesol », rappelle de son côté Sylvain Lafarge.

Ce partenariat gagnant-gagnant doit se décliner à l’échelle locale en favorisant l’acquisition et le partage de connaissances entre agriculteurs et apiculteurs. Ainsi, cette convention doit permettre la promotion des activités agricoles et apicoles dans les territoires et le développement d’outils d’aide à la décision et assurer le transfert des pratiques favorables et des références produites.

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Jean Sylvain

Jean Silvain, jeune installé dans le Vaucluse, possède près de 400 ruches et huit hectares d’amandiers :

« Mon objectif était de polliniser les amandiers avec les abeilles. J’ai totalement changé les pratiques héritées de mon père, en renouvelant mes parcelles avec de nouvelles variétés plus résistantes. Je suis également passé sur un enherbement luzerne, et en faisant les traitements hors période de butinage (matin, fin de journée). En ayant compris ce fonctionnement possible arbo-arbeilles, j’ai commencé à m’intéresser au service de pollinisation en installant mes ruches chez des arboriculteurs et des maraîchers.
Quand on est jeune agriculteur, la pollinisation permet une rentrée d’argent précoce bienvenue, avant le mois de juin. Je suis arrivé à plus de 30 % de mon chiffre d’affaires grâce à ce service-là. »