Politique et société

SIA 2026 : Jeunes Agriculteurs veut « armer les jeunes face au changement climatique »

À la veille de l’ouverture du Salon international de l’agriculture, le 21 février, Jeunes Agriculteurs a présenté ses priorités pour cette 62e édition. Au cœur de son message : inscrire dans la future loi d’urgence agricole des « plans et contrats d’avenir » pour adapter les exploitations au dérèglement climatique, tout en sécurisant les revenus.

Conférence de presse Jeunes Agriculteurs salon de l'Agriculture 2026.

À trois jours du coup d’envoi du Salon international de l’agriculture (SIA), annoncé par le gouvernement comme un point d’étape vers une loi d’urgence agricole attendue au Sénat en juin, Jeunes Agriculteurs a choisi de clarifier ses attentes. Son président, Pierrick Horel, et son secrétaire général, Quentin Le Guillous, ont déroulé un cap : planifier, contractualiser, sécuriser.

Des « plans et contrats d’avenir » comme colonne vertébrale

« Si on parle d’une loi d’urgence, alors la première urgence, c’est d’armer les jeunes face au changement climatique », a martelé Pierrick Horel. Le syndicat demande l’ajout d’un article 1er dans la future loi pour encadrer des « plans et contrats d’avenir ». L’idée est de structurer, territoire par territoire, l’évolution des productions agricoles en fonction des réalités climatiques et économiques. Concrètement, il s’agirait d’identifier les filières à développer : « nouvelles cultures en Occitanie ou en Nouvelle-Aquitaine, réintroduction d’élevage dans certaines zones spécialisées, cite le président, puis de sécuriser ces transitions par des contrats ». Ces contrats intégreraient un volet commercial, dans l’esprit d’Egalim, mais aussi un accompagnement public pour absorber les pertes de production et financer les investissements liés aux nouvelles orientations. « Il ne s’agit pas d’une idée incantatoire. On parle d’un outil concret, avec des milliers de contrats signés d’ici la fin de l’année », insiste le président des JA.

En toile de fond, une conviction : « le modèle fondé uniquement sur le volume et la stabilité des marchés mondiaux n’offre plus de garanties », explique Pierrick Horel. Les aléas climatiques et géopolitiques rebattent les cartes. « On peut se coucher un soir avec une vision du monde et se réveiller avec un tweet d’une puissance étrangère qui change les prix agricoles », résume-t-il.

Son président, Pierrick Horel, et son secrétaire général, Quentin Le Guillous, ont déroulé un cap.
Son président, Pierrick Horel, et son secrétaire général, Quentin Le Guillous, ont déroulé un cap.

Eau, prédation, surtranspositions : les autres urgences

Au-delà de la planification, JA appelle l’État à aller plus loin sur la gestion de l’eau, tant sur le plan quantitatif que qualitatif, et sur la gouvernance. Le syndicat plaide pour faciliter la réutilisation de l’eau et assouplir certaines procédures, tout en évitant les « surtranspositions » françaises de normes européennes.

Sur la prédation, les récentes annonces de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, sont jugées positives, mais devront être « prolongées et renforcées » dans la loi.

Mercosur, MACF et compétitivité

Jeunes Agriculteurs affiche également sa vigilance sur l’accord UE-Mercosur. « Tout est à revoir, tout est à réécrire », estime Quentin Le Guillous, évoquant des paramètres, climatiques notamment, profondément modifiés depuis le lancement des négociations en 1999. Autre point de crispation : le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). Le syndicat attend de l’Union européenne des décisions rapides, dénonçant un renchérissement du coût des engrais de « 100 à 150 euros » la tonne.

Pac et engagement local

Durant les neuf jours du Salon, JA entend faire œuvre de pédagogie auprès du grand public et des décideurs. La prochaine programmation de la Pac, et notamment les 10 % fléchés vers le renouvellement des générations, fera partie des discussions. Les élections municipales seront également mises en avant. « Chaque agriculteur doit s’engager afin qu’aucune décision ne se prenne sans des agriculteurs autour de la table », plaide Pierrick Horel.

À la veille du grand rendez-vous porte de Versailles, le syndicat entend ainsi transformer le Salon en tribune politique. Avec une ambition affichée : redonner une perspective collective à une agriculture confrontée à l’instabilité climatique et économique, sans renoncer à sa compétitivité.

La première Conférence de presse pré-SIA de Pierrick Horel  et Quentin Le Guillous dans les nouveaux locaux de Jeunes Agriculteurs.
La première Conférence de presse pré-SIA de Pierrick Horel et Quentin Le Guillous dans les nouveaux locaux de Jeunes Agriculteurs.