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Présidence française de l’UE : Julien Denormandie et Clément Beaune unis sur les clauses miroirs

Lors de la conférence sur "La nouvelle politique commerciale européenne", organisée par les chambres d'agriculture, le 20 octobre 2021, le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie et Clément Beaune, le secrétaire d'État chargé des affaires européennes ont partagé les enjeux commerciaux et agricoles de la future présidence française de l’Union européenne, qui débutera en janvier 2022.

Dans un peu plus de deux mois, la France prendra la présidence du Conseil Européen pour une durée de six mois, avec un dossier à faire valoir en priorité : celui des clauses miroirs. « Je ne pense pas qu'on finira sous la présidence française, mais c'est un combat central », a insisté Clément Beaune, secrétaire d’État chargé des affaires européennes, dans la foulée du ministre de l’Agriculture qui affirmait vouloir « avancer plus vite sur la question des clauses miroirs ».

Un modèle agricole basé sur la qualité

Dans les faits, celles qu’on appelle aussi clauses de réciprocité doivent imposer aux produits importés en Europe de respecter des normes de productions environnementales et sanitaires identiques à celles de l'Union européenne. « N'en déplaise à certains, si nous voulons préserver un modèle agricole fondé sur la compétitivité hors coût, il faut absolument que la politique commerciale puisse nous protéger de celles et ceux qui ont pour seul credo la compétitivité prix », a justifié le ministre de l’Agriculture.

Quelques minutes plus tard, Clément Beaune a abondé dans le même sens, en regrettant la logique « dans laquelle nous sommes malheureusement un peu enfermés, celle de la suppression des barrières non tarifaires.
Nous n'avons pas réussi en Europe à passer à cette troisième révolution agricole, un troisième âge de la politique commerciale. Nous devons changer le logiciel des accords commerciaux », a-t-il développé.

Une position protectionniste assumée

C’est l'accord entre l'Union européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay), en attente de ratification, qui a directement été visé par les deux ministres. « Je le dis et le redis, la France s’oppose au Mercosur », a ainsi clarifié Julien Denormandie, avant que son homologue Clément Beaune n’enfonce le clou : « C'est un accord d'aujourd'hui qui est adapté au monde d'il y a trente ans […], il faut des accords qui imposent des standards beaucoup plus élevés. »

Si les deux membres du gouvernement semblent assumer le caractère potentiellement protectionniste des clauses miroirs, les chambres d’agriculture, dans
une étude présentée lors de la conférence
, mettent en garde sur le fait que les partenaires commerciaux « pourraient y voir une forme de remise en cause unilatérale des termes de l'accord de la part des Européens ».