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Moisson 2022 : des blés français jugés très satisfaisants

Les premiers résultats des moissons ont été dévoilés par FranceAgriMer et Arvalis – Institut du végétal au cours d’une conférence de presse qui s’est déroulée le mercredi 14 septembre. Dans l'Hexagone, la sécheresse estivale a naturellement impacté les volumes. La qualité des blés est néanmoins jugée très satisfaisante d'après FranceAgriMer et Arvalis, avec des valeurs de force boulangère élevées.

En France, les récoltes de blé tendre et de blé dur sont inférieures à celles de l’année précédente, principalement en raison du repli des surfaces. Cependant, FranceAgriMer peut d’ores et déjà attester de la qualité des blés, caractérisés par des taux de protéines (respectivement de 11,4 % et 14 % en moyenne pour le blé tendre et le blé dur) et des poids spécifiques très satisfaisants malgré une teneur en eau exceptionnellement basse. À l’image de la production mondiale et européenne de maïs, la production française est également en forte diminution par rapport à la précédente campagne, en raison d’une baisse des surfaces cultivées, mais aussi d’un faible rendement lié à la sécheresse estivale.    

Récoltes mondiales: blé tendre, orge et maïs en baisse, blé dur en hausse

Concernant la moisson 2022, de nombreuses incertitudes demeurent, liées notamment aux tensions géopolitiques et à l’augmentation du prix de l’énergie et des engrais produits à partir de gaz naturel qui ont contraint certains agriculteurs à revoir leurs productions à la baisse. Malgré tout, les récoltes mondiales se maintiennent à des niveaux élevés, d’après un rapport du Conseil international des céréales (CIC) datant du 18 août, la production mondiale de blé dur étant notamment rehaussée grâce au retour en force du Canada (+130 % par rapport à la précédente récolte) qui, souvenons-nous-en, avait connu une récolte désastreuse l’été dernier liée à un dôme de chaleur. Les prévisions de récolte mondiale de blé tendre et d’orge sont quant à elles en repli par rapport à 2021, tout comme celles du maïs dont la baisse est estimée à 4 % par rapport à la campagne précédente, d’après l’USDA, le département de l’agriculture des États-Unis.

Le corridor ukrainien tient… mais pour combien de temps encore ?

L’accord du 22 juillet signé par la Russie et l’Ukraine, actant l’ouverture de corridors logistiques permettant l’exportation de céréales ukrainiennes, a permis d’exporter 2,7 millions de tonnes de grains ukrainiens entre le 27 juillet et le 12 septembre, dont environ un tiers à destination de l’Union européenne et les deux autres tiers à destination de l’Afrique, de l’Asie et du Moyen-Orient. Mais la situation reste fragile et doit être suivie de près, a fait savoir FranceAgriMer. On assiste à « un début de remise en cause par la Russie de l’accord au motif que les exportations russes d’engrais et produits alimentaires resteraient entravées par les sanctions et que les exportations ukrainiennes bénéficieraient surtout à l’UE », indique FranceAgriMer, qui appelle à la vigilance.