Les Jeunes Agriculteurs Aura au Sommet (de l’élevage)
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Les Jeunes Agriculteurs Aura au Sommet (de l’élevage)

Le Sommet de l’élevage 2021 a eu une saveur particulière pour les JA Aura, après un an et demi de distanciel. Quatre jours durant, les élus Aura ont virevolté, assumant conférences, actions syndicales, rencontres politiques et - enfin ! - retrouvailles chaleureuses avec le réseau.

Belle reprise pour la 30e édition du Sommet de l’Élevage à Cournon d’Auvergne (63) ! Du 5 au 8 octobre, 93 000 visiteurs ont arpenté les allées du désormais incontournable rendez-vous de l’élevage français et international. Comme un pied de nez à la non-édition 2020, l’événement s’est déployé de façon magistrale : une journée supplémentaire, une halle flambant neuve de 10 000 m², 1 500 exposants, 2 000 animaux et une digitalisation aboutie. Si le président du Sommet de l’Élevage, Jacques Chazalet, souligne la convivialité réputée de l’événement, il le revendique aussi comme « un carrefour économique, politique et professionnel ». Et ça, les Jeunes Agriculteurs Auvergne-Rhône-Alpes (JA Aura), actionnaires historiques du salon, l’ont bien en tête.

Pierre Picard, président des JA Aura

Défendre l’installation et l’élevage

« Le Sommet de l’Élevage, c’est le moment pour sensibiliser les politiques, la presse et le grand public sur les questions agricoles », posent les élus de JA Aura. Sur cette terre d’élevage, Pierre Picard, président du syndicat régional, ne cache pas « ses inquiétudes » pour les filières animales : « Entre des prix à peine rémunérateurs et l’explosion des charges, c’est un cocktail dangereux pour les éleveurs. »

Les jeunes élus n’intègrent pas la fatalité dans leur vision. Certes, la dynamique d’installation est satisfaisante en Auvergne-Rhône-Alpes. Le Conseil régional affiche son soutien à une agriculture qui dessine son territoire, et abonde la DJA de façon incitative (le montant alloué est supérieur de 35 % à la moyenne nationale). Mais c’est plus que nécessaire pour assurer le renouvellement des générations déficitaire. Un plaidoyer adressé au ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, lors de sa visite sur le stand des JA, mardi 5 octobre : « Nous demandons une politique nationale forte pour pousser les installations. Comment maintenir une agriculture de qualité et un tissu rural au rôle économique majeur ? a interpellé Clément Rivoire, vice-président du syndicat. Tout cela dépend du soutien à l’élevage, mais aussi aux producteurs de céréales, fournisseurs de l’aliment de notre bétail ».

Si le tissu économique de la région est favorable à l’élevage – transformateurs et débouchés y sont nombreux et diversifiés –, les JA rappellent cependant les contraintes d’une surface agricole située pour plus de la moitié en zone de montagne. L’une des préoccupations, la prédation, a été exposée au ministre : « Le comptage de prédateurs est sous-estimé, et les dégâts collatéraux provoqués par les chiens de protection, imposés aux éleveurs, devient ingérable. »

Mobilisés sur les sujets propres à leur région (l’édition a été marquée par l’intervention sur le stand de la coopérative laitière Sodiaal), les JA Aura ne perdent pas de vue le dessein national, et la loi Egalim II : « Contrairement à la première version, cette mouture doit permettre de faire appliquer la transparence des prix à chaque étape, de la sortie de la ferme jusqu’à l’étal », argumente Pierre Picard.

Sodiaal est dans le viseur des JA Aura, qui dénoncent un plagiat de leur projet « Lait jeune » par la coopérative, attisé par un contexte tendu sur le lait bio. Action sur le stand le 7 octobre (crédit photo JA Aura)
Sodiaal est dans le viseur des JA Aura, qui dénoncent un plagiat de leur projet « Lait jeune » par la coopérative, attisé par un contexte tendu sur le lait bio. Action sur le stand le 7 octobre (crédit photo JA Aura)
« La rencontre, c’est la raison d’être de JA »

« La rencontre, c’est la raison d’être de JA »

Sourire accroché au visage, les JA font honneur à ce premier salon sans masque, parenthèse pendant la crise sanitaire. « Ici reprennent les poignées de main et les rencontres informelles, souvent plus décisives que dix réunions, estime Julien Rambaud, trésorier régional. La rencontre, c’est la raison d’être de JA. » Sur le stand ont afflué jeunes et futurs installés de la France entière, partenaires et représentants institutionnels. Après des mois de préparation, compliquée par l’incertitude de la tenue de l’événement, les élus Aura ont renoué avec les collègues des régions limitrophes, du national et des délégations étrangères. L’équipe a eu peu de répit pour profiter du confort et de l’effervescence du stand : l’espace et le temps supplémentaires permis par la nouvelle organisation du Sommet ont permis de déployer « un programme dense et intéressant », avec quatre jours de conférences et de rencontres. En point d’orgue des animations, une journée entière était consacrée à la thématique de l’installation.