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Facture électronique : une transition à anticiper

À partir de septembre 2026, la facturation électronique s’imposera à toutes les exploitations assujetties à la TVA. Une réforme technique en apparence, mais structurante dans la gestion quotidienne. Mieux vaut s’y préparer dès maintenant pour en tirer parti. Dans cet article, nous vous expliquons ce que la réforme change concrètement pour votre exploitation, et comment l’aborder sereinement.

La facturation électronique s’impose à toutes les exploitations.

« Avez-vous pensé à la facturation électronique ? » Derrière cette question anodine se profile un changement profond dans la manière dont les exploitations agricoles vont gérer leurs échanges commerciaux. Éleveurs, viticulteurs, céréaliers ou maraîchers, tous sont concernés par cette transformation en apparence technique. Le dernier baromètre Ipsos BVA × Sopra Steria × Kolecto le confirme : en 2025, seules 45 % des entreprises agricoles avaient une connaissance précise de la réforme, 36 % n’en connaissaient que les grands principes. Loin d’être alarmants, ces chiffres sont surtout un signal : celui qu’il est temps d’en parler, calmement et concrètement. Car les exploitations qui anticipent pourront en tirer des bénéfices concrets.

Ce qui change concrètement

Dès septembre 2026, toutes les entreprises établies en France et assujetties à la TVA, y compris les exploitations agricoles, devront émettre et recevoir leurs factures via une plateforme agréée par l’État, ou via une solution compatible connectée à cette dernière.

Concrètement, cela signifie la fin des factures papier et des PDF envoyés par mail : place à des flux numériques structurés, traçables, conformes à un format reconnu par l’administration fiscale. Pour une exploitation agricole, cette évolution touche à des réalités très concrètes : la facturation aux coopératives, aux négociants ou à la grande distribution, la location de matériel agricole, la vente directe aux particuliers ou encore l’auto-facturation.

Dans un secteur où les interlocuteurs commerciaux sont multiples, la préparation devient essentielle.

La viticulture : des enjeux à part

En viticulture, la réforme s’applique avec quelques spécificités. Les caves particulières traitent régulièrement avec des négociants, des importateurs étrangers et des particuliers, autant de cas qui appellent des formats de facturation différents. L’export en devises, les circuits courts, la multiplicité des appellations au sein d’une même exploitation : autant de paramètres qui renforcent la nécessité d’anticiper.

Une réforme plutôt bien perçue

Le baromètre révèle une perception globalement positive. Près de 40 % des entreprises agricoles estiment que la réforme est une bonne chose, dont 2 % « une très bonne chose » et 36 % « plutôt une bonne chose ». Tandis que 49 % se déclarent « certaines d’être prêtes » pour l’échéance de la réforme.

Un signal clair pour passer à l’action maintenant, et non à la veille de l’échéance. Autre enseignement majeur : 90 % des répondants souhaitent être accompagnés par leur expert-comptable. Un chiffre révélateur de l’importance accordée aux partenaires de confiance, ancrés dans le quotidien des exploitations.

Des attentes claires : formation, intégration, simplicité

Quand on interroge les exploitants sur les services les plus utiles, trois attentes se dégagent nettement du baromètre : la formation (61 %), pour comprendre le fonctionnement de la facturation électronique avant de s’y engager ; l’intégration avec les outils existants (50 %), afin d’éviter de tout bouleverser et garantir une continuité dans les pratiques ; enfin, l’aide à la gestion des paiements (48 %), car la réforme dépasse la simple émission de facture et touche directement aux délais de règlement et, plus largement, à la trésorerie.

Ces attentes traduisent une approche pragmatique : les agriculteurs ne veulent pas d’une révolution, ils veulent une transition progressive. Et c’est précisément ce que permet une bonne préparation en amont.

Le principal critère de choix d’une solution, cité par 51 % des répondants, reste sa capacité à s’intégrer au système existant. Suivent la facilité d’utilisation, avec un outil « tout-en-un » (47 %), puis l’adaptation aux spécificités du secteur agricole (45 %).

Trois réflexes pour aborder la réforme sereinement

Faire le point. La mise en œuvre de la facturation électronique impactera directement la gestion quotidienne des exploitations, qu’il s’agisse d’une exploitation individuelle (EI) agricole en famille, d’une SCEA, d’une ETA, d’un GAEC ou d’une GFA.

Cela implique de faire dès à présent le point sur les équipements et outils numériques en place (logiciels de facturation, de caisse, de comptabilité, TPE, etc.), d’évaluer la volumétrie des factures entrantes et sortantes, et de clarifier les obligations en matière de facturation électronique, mais aussi de transmission des données à l’administration (e-reporting), qui dépendent directement de la nature des opérations (achats, ventes, prestations de services) et de la catégorie de clients (particuliers, professionnels).

Premières échéances à anticiper

Dès septembre 2026, les exploitations devront être capables de recevoir des factures électroniques. Par exemple, un agriculteur qui loue son tracteur en leasing ou un client d’un fournisseur d’énergie (électricité et gaz) pour son exploitation devra avoir la capacité de recevoir les factures de son bailleur et de son fournisseur d’énergie au format électronique.

Se rapprocher de ses tiers de confiance

Experts-comptables, banquiers, éditeurs de logiciels… Ces partenaires sont au plus près de l’activité économique des exploitations, de leur fonctionnement et de leurs enjeux en matière de paiement et de trésorerie. Ce sont eux qui pourront orienter vers la bonne solution, vérifier la conformité des flux et accompagner la mise en route sans stress.

Choisir une solution qui s’intègre à l’existant

Pas besoin de tout remettre à plat. Le plus important, c’est de choisir une plateforme adaptée à son secteur et compatible avec son outil métier. C’est exactement ce que 51 % des agriculteurs réclament. La réforme est aussi l’occasion de gagner du temps sur les tâches administratives répétitives, comme la saisie des factures ou l’export vers la comptabilité.

Une réforme, une opportunité pour les nouveaux installés

Pour celles et ceux qui s’installent aujourd’hui, ou dans les prochains mois, la réforme intervient à un moment opportun. Intégrer la facturation électronique dès la création de l’exploitation, c’est poser des bases solides, sans avoir à déconstruire de vieilles habitudes. C’est aussi envoyer un signal clair à ses partenaires commerciaux — coopératives, banques, fournisseurs — d’une exploitation qui se structure, s’organise et anticipe. La facturation électronique ne constitue pas une contrainte supplémentaire imposée de l’extérieur. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de modernisation du tissu économique agricole, auquel le monde paysan est en mesure de répondre, à condition d’être accompagné.

À propos des données : Les statistiques citées dans cet article sont issues du Baromètre Ipsos BVA × Sopra Steria × Kolecto, réalisé en juillet 2025 auprès de 500 dirigeant·es, DAF et responsables de la facturation, d’entreprises de différentes tailles, tous secteurs confondus (commerce, services, industrie, construction, agriculture).

À propos de Kolecto

Kolecto, filiale à 100 % du groupe Crédit Agricole, combine l’agilité d’une fintech avec la sécurité et la stabilité d’une banque traditionnelle, pour offrir une solution de gestion financière tout-en-un aux TPE-PME, à travers une interface fonctionnelle et compatible avec la plupart des outils comptables et financiers.

Son accompagnement humain et son statut de plateforme agréée en font le copilote financier idéal pour aborder sereinement la transition vers la facturation électronique.

Elle est mécène de la 16e édition du concours Graines d’Agriculteurs, organisé par Terres innovantes, le fonds de dotation de Jeunes Agriculteurs.