Sébastien Windsor, président de l'APCA lors de la conférence de rentrée
Politique et société
France

Chambres d'agriculture : une rentrée sur fond de crise climatique

La conférence de presse de rentrée des chambres d’agriculture, tenue le mardi 24 août, a permis de revenir sur les événements qui ont marqué la première moitié de l’année 2021, mais aussi de détailler les grands chantiers en cours et à venir.

moisson

« C’est bien la première fois que je tiens cette conférence de presse de rentrée sans avoir encore fini ma moisson », a déclaré Sébastien Windsor, président des chambres d’agriculture, en préambule. Le ton était donné. « Année catastrophique », « Crise climatique »… ces termes sont revenus à plusieurs reprises durant les interventions de Sébastien Windsor et Christophe Hillairet, secrétaire général de l’APCA et président de la chambre d’agriculture de la région Île-de-France. « Les incidents climatiques deviennent une problématique structurelle très forte sur nos exploitations », a souligné M. Windsor, appelant à un système assurantiel « qui tienne la route » et à des diagnostics territoriaux précis des conséquences du changement climatique pour être capable de les évaluer à l’échelle d’une exploitation. Objectif : « Aboutir dès 2022 à un plan d’action spécifique à chaque territoire », a indiqué le président des chambres d’agriculture.

Concernant les investissements prévus dans le cadre du plan de relance, Sébastien Windsor a mentionné l’objectif de 2 000 diagnostics carbone chez les jeunes agriculteurs, « quand le jeune s’installe, et pas quand il est face au problème ».

Une moisson 2021 hétérogène

Lors de cette conférence de presse, les intervenants n’ont pu faire l’impasse sur la moisson 2021, particulièrement compliquée du fait des intempéries. Au-delà d’une baisse de rendement, les agriculteurs risquent de subir des décotes importantes, de l’ordre de 30 euros la tonne de blé. Cette moisson reste toutefois marquée par une « très grande hétérogénéité », a spécifié Sébastien Windsor, ne cachant pas son inquiétude concernant l’approvisionnement des élevages en protéines et céréales. Christophe Hillairet, quant à lui, a manifesté ses doutes à propos des semis de colza à venir : « Il y a une incertitude concernant l’implantation du colza, car on a matraqué les sols pendant la moisson ce qui impactera inévitablement la récolte suivante ». Face à ces aléas, tout l’enjeu pour les chambres d’agriculture est d’accompagner les agriculteurs et de les guider dans leurs choix, estiment les représentants des chambres d’agriculture.

Comprendre les écorégimes de la Pac

Afin que les agriculteurs ne se retrouvent pas au pied du mur en 2023, l’objectif des chambres d’agriculture est vraiment de les préparer du mieux possible, notamment concernant l’épineux sujet des écorégimes. « On travaille sur les écorégimes pour avoir dès la rentrée, un outil numérique qui permette aux agriculteurs de savoir où il en sont par rapport aux obligations de l’écorégime, mais aussi ce qu’ils doivent mettre en place pour l’atteindre », a indiqué Sébastien Windsor. Ceci, dans la volonté d’anticiper la future Pac, « afin qu’un maximum d’exploitants soit dès l’année de démarrage de la Pac en capacité d’aller chercher cet écorégime, et que ceux qui n’y arrivent pas par l’assolement puissent y parvenir par d’autres voies ». En parallèle, les chambres d’agriculture travaillent aussi activement à la déclinaison des futures ICHN et MAE.