François-Etienne Mercier (à droite), vice-président à Jeunes Agriculteurs, accompagné d'Emmanuel Hyest, président de la Safer, d'Anne-Charlotte Ribault-Loussouarn, directrice départementale de la Safer en Loire-Atlantique et de François Beaupère, vice-président à l'APCA.
Installation

Transmission et installation : deux enjeux majeurs indissociables

Près de 215 000 agriculteurs seront en âge de partir à la retraite d’ici la fin de la prochaine programmation Pac (2027). Ce qui représente, d’après la FNSafer, pas moins de 30 % des surfaces agricoles à transmettre. Le défi est colossal.

« D’ici les 10 prochaines années, près de 40 % des agriculteurs partiront à la retraite, soit 30 % des surfaces exploitées à transmettre. Il s’agit d’un enjeu majeur pour la Safer et toutes les organisations professionnelles agricoles », déclare Emmanuel Hyest, président de la FNSafer, à l’occasion d’une conférence dédiée à la transmission, tenue au Salon de l’agriculture le mardi 1er mars. « Le nombre d’installations avoisine chaque année les 14 000, dont 10 000 concernent des jeunes de moins de 40 ans, précise François-Etienne Mercier, vice-président à Jeunes Agriculteurs et référent sur le dossier du renouvellement des générations en agriculture (RGA). D’après lui, il est crucial d’établir un lien entre l’installation et la transmission pour que « les fermes françaises continuent d’être à taille humaine et que le tissu rural reste fort ».

Anticiper la transmission : pas une option, une obligation

« On ne peut pas transmettre du jour au lendemain, même lorsqu’il s’agit d’un agrandissement. Une cessation d’activité, ça se prépare », explique le représentant JA, n’hésitant pas pour illustrer ses propos à partager son cas personnel : « Un cédant est venu me voir en janvier pour me dire qu’il souhaitait me céder son exploitation en juin de la même année. Or, celui-ci n’avait absolument pas réfléchi son arrêt du métier ».

L’accompagnement des cédants reste un levier crucial pour faciliter les transmissions et par conséquent les installations. Une logique d’autant plus implacable que les réalités changent. « Les gens qui souhaitent s’arrêter ne sont pas tous en âge de prendre leur retraite. Même chose du côté de l’installation, ce n’est plus une majorité de jeunes de 18 ans qui reprennent les fermes. On a de plus en plus de personnes qui se reconvertissent dans l’agriculture après avoir fait d’autres métiers avant », développe François-Etienne Mercier qui rappelle que le syndicat Jeunes Agriculteurs préconise fortement d’aborder le sujet de la transmission dès la phase d'installation du jeune. S’ajoutent à cela les changements en termes de productions et de diversifications, amenés par les repreneurs et qui peuvent parfois accentuer certains freins lors des transmissions.

L’essor des hors cadre familiaux

« En 2020, on a dénombré 1 400 opérations financières en faveur de l’installation, soit 34 000 hectares. 68 % d’entre elles concernaient l’installation de profils hors cadre familiaux », indique Emmanuel Hyest. D’après lui, l’installation des jeunes, « et notamment de ceux qui ne sont pas issus du milieu agricole » est le véritable enjeu pour répondre au défi du RGA. « Ici au salon, il y a énormément de personnes qui portent des projets d’installation comprenant les volets de production, de transformation et de vente directe. Souvent, dans ce type de projets, les surfaces nécessaires sont moins importantes, ce qui peut faciliter l’installation-transmission », observe-t-il.