Sur le terrain

Terres de Jim 2026 : trois jours pour faire vivre l’agriculture en grand à Metz-Magny

Après trois jours de concours, de démonstrations, de rencontres et de découvertes, la 12 édition de Terres de Jim a fermé ses portes dimanche à Metz-Magny. Des familles venues par curiosité, des jeunes en quête de découvertes, des éleveurs, des concurrents et plus d’un millier de bénévoles ont fait vivre cette grande fête agricole. Retour dans les allées d’un week-end où l’agriculture s’est raconté de nombreuses façons.

La 12e édition de Terres de Jim a fermé ses portes ce dimanche.

Durant les trois jours, les allées de Terres de Jim prennent des airs de promenade familiale. Poussettes, enfants, visiteurs venus du territoire mosellan : chacun avance à son rythme entre les stands, les animaux, les démonstrations et les nombreuses animations. Pour certains, la venue s’est décidée presque naturellement. « Par curiosité et aussi pour les enfants. On nous a dit qu’il y avait des produits locaux, des animaux à voir », racontait un couple rencontré dans les allées. Un peu plus loin, Mathieu, Clémence et leurs deux enfants avaient fait le déplacement en voisins. « On est du coin, on a entendu dire que la plus grande foire agricole se déplaçait cette année à Magny, on a eu envie de voir ça », expliquait Mathieu. Pour Augustin, venu avec sa femme Mauricette et leur fille, la curiosité est aussi venue de l’entourage. « Une voisine qui travaille dans l’agriculture nous a dit que c’était bien. On a aussi une amie qui travaille au Département, qui est dans un des stands aujourd’hui », racontait-il. Trois familles, trois raisons de venir, mais une même envie ; découvrir ce qui se cache derrière les portes d’un rendez-vous agricole qui, le temps d’un week-end, a installé ses quartiers en Moselle.

Des concours pour montrer les métiers et les savoir-faire

Dans les allées, les visiteurs ne sont pas seulement spectateurs. Plusieurs concours permettent de mettre en scène les gestes et les compétences qui font le quotidien des professionnels. Le Concours national des agents de remplacement en est l’une des illustrations. Pour cette 5 édition, 45 candidats issus de neuf régions ont été confrontés à six épreuves : « Seul(e) aux commandes », « Le défi animal », « Le buzzer de la sécurité », « À la graine près », « L’œil de l’expert » et une épreuve mystère. Nous avons suivi Pauline Robert, candidate de l’équipe Auvergne-Rhône-Alpes, lors de l’épreuve « À la graine près ». Au-delà de la compétition, le rendez-vous permet de mettre en lumière un métier indispensable au fonctionnement des exploitations. Les agents de remplacement interviennent notamment lorsque les agriculteurs doivent s’absenter et permettent d’assurer la continuité du travail sur l’exploitation.

Plus loin, le bruit des moteurs attire les visiteurs. Le concours de labour constitue l’un des rendez-vous emblématiques du week-end. Cette 72 finale nationale, organisée pour la deuxième fois en Moselle après une première édition en 2015, a rassemblé les meilleurs concurrents autour d’un geste agricole qui reste aussi un outil de transmission auprès du grand public. « Qui dit finale de labour, sous-entend fête agricole organisée par Jeunes Agriculteurs, soit Terres en fête, Terres de Jim ou les festivals de la terre. Toutes ces manifestations jouent un rôle essentiel qui permet de faire découvrir notre métier au grand public, de montrer notre savoir-faire et de faire comprendre la réalité de l’agriculture. Le labour s’inscrit pleinement dans cette dynamique », souligne le président du jury de cette 72 édition. 

Damien Viennet a remporté la première place pour le labour à Plat.
Dans ses œuvres, Damien Viennet qui a remporté la première place du labour à Plat.
Le Labour en question

Derrière cette finale nationale se trouve une importante dynamique de sélection. La compétition débute dans les cantons, avec plus de 200 concours cantonaux, avant de se poursuivre à travers près de 500 finales départementales. Plus de 1000 concurrents prennent ainsi part au parcours de sélection à l’échelle nationale. Pour le président du jury, cette dynamique mérite d’être préservée. Il alerte notamment sur la disparition de certains concours de labour lors des fêtes départementales de JA et sur la baisse du nombre de participants dans certaines compétitions. « Dans certaines fêtes départementales des JA, il n’y a plus de concours de labour, ou alors, quand ils sont organisés, le nombre de participants est très faible. » Il attribue notamment cette situation au manque de budget ou de financement pour les compétiteurs, le déplacement jusqu’à une finale nationale représentant un coût important. Au-delà de la compétition, le concours de labour apparaît ainsi comme un maillon d’une chaîne qui commence au niveau local et contribue à maintenir un savoir-faire agricole tout en le faisant connaître au grand public.

Mais Terres de Jim ne se résume pas aux grandes compétitions. Les démonstrations de chiens de troupeau auprès des bovins, les concours d’élevage, les animations autour des métiers agricoles ou encore les activités proposées aux enfants donnent à voir une agriculture diverse, technique et vivante.

De la ferme à l’assiette

Autre passage incontournable : les Halles de Jim. Producteurs, produits locaux et savoir-faire y occupent une place centrale. Pour les visiteurs, c’est une autre manière d’entrer dans le monde agricole, en passant cette fois par ce qui arrive dans l’assiette. « Tu sais pourquoi faire 30 minutes de queue ne me dérange pas ? Parce que je vais pouvoir savourer ce bœuf bourguignon, un plat qu’on n’a pas l’occasion de manger comme ça tous les jours ! », lance, les yeux brillants, un couple rencontré dans la file d’attente devant le stand de la Bourgogne-Franche-Comté. La fête se poursuit également dans les espaces d’animation. Tracteur pulling, Moiss’ Batt’ Cross, Garden Cross, promenades en tracteur, démonstrations et jeux pour enfants ont rythmé les trois journées. Même les plus jeunes avaient leur programme. Châteaux gonflables, jeux en bois, piscine de laine, tracteurs à pédales, tir à la corde ou encore course de brouettes : les animations ont contribué à faire de Terres de Jim un rendez-vous familial autant qu’agricole. Et pour ceux qui souhaitaient prendre un peu de hauteur, des baptêmes d’hélicoptère étaient également proposés.

Quand la fête devient solidaire

Au milieu de cette grande fête, une parcelle de quatre mètres carrés racontait une autre histoire. À l’initiative de SOLAAL Grand Est, les visiteurs volontaires ont participé pendant les trois jours à une récolte solidaire. Sur cette parcelle, près de 400 kg de courges et 200 kg de pommes de terre devaient être récoltés avant d’être distribués par le Secours populaire à des personnes en situation de précarité. Une opération qui rappelle qu’une fête agricole peut aussi devenir un lieu de solidarité, en donnant une seconde utilité aux productions récoltées et en rapprochant directement visiteurs, agriculture et aide alimentaire.

Des jeunes qui découvrent l’agriculture

La transmission s’est aussi jouée auprès des plus jeunes. Après la journée du vendredi consacrée aux scolaires, les adolescents ont continué à fréquenter les allées durant le week-end. Sur le stand de Demain Je Serai Paysan, des jeunes venus découvrir les métiers agricoles ont pu échanger autour de leur orientation. Le vendredi, des élèves de 4 du collège L’Arboretum de Morhange nous expliquaient leur curiosité après leur passage notamment par un stand consacré aux fruits à coque et aux légumineuses. « J’ai envie d’en connaître encore plus, car je trouve que le milieu de l’agriculture touche beaucoup de choses », témoignaient Lyan, Mylan, Alia et Kylian. À Terres de Jim, la transmission ne passe donc pas uniquement par les discours. Elle passe aussi par une rencontre, un animal, une démonstration, un tracteur ou une discussion au détour d’une allée.

Les visiteurs ne sont pas seulement spectateurs.
Les visiteurs ne sont pas seulement spectateurs.

1 200 bénévoles pour faire tourner la machine

Derrière les animations et les concours, une autre performance est moins visible : celle de l’organisation. 50 membres du comité d’organisation et 1 200 bénévoles ont été mobilisés pour faire fonctionner cette 12 édition. Accueil du public, restauration, circulation, animations, concours, logistique : pendant trois jours, cette organisation collective a permis à l’événement de fonctionner à grande échelle. Les chiffres donnent aussi une idée du volume de cette fête. Plus de 100 000 entrées ont été enregistrées sur les trois jours. Côté restauration, 12 000 hamburgers et 10 tonnes de frites ont notamment été servis. Derrière ces chiffres, il y a surtout un territoire qui s’est mobilisé pour accueillir Terres de Jim et faire découvrir son agriculture.

Un groupe de jeunes bénévoles.
Un groupe de jeunes bénévoles.

Une édition qui se termine… et déjà un prochain rendez-vous

Dimanche, après les dernières épreuves et les derniers échanges, l’heure est venue de refermer les portes de Metz-Magny. La Marseillaise est venue conclure une édition qui aura mêlé agriculture, compétition, transmission, gastronomie, découverte et convivialité. Au moment de tourner la page mosellane, le président de Jeunes Agriculteurs, Jocelyn Dubost, a déjà donné rendez-vous pour la prochaine édition. Direction Paris, pour un rendez-vous particulier : la prochaine édition de Terres de Jim coïncidera avec les 70 ans de Jeunes Agriculteurs. Après la Moselle, l’événement changera donc de décor. Mais l’ambition restera la même : faire découvrir l’agriculture au plus grand nombre, montrer les savoir-faire de celles et ceux qui la font vivre et donner à voir, le temps de quelques jours, la diversité du monde agricole. Metz-Magny a fermé ses portes. Les tracteurs sont repartis, les chapiteaux vont disparaître et les allées retrouveront leur calme. Mais pour les 100 000 visiteurs venus cette année, Terres de Jim aura laissé quelques images : celles d’une agriculture qui se visite, se regarde, se goûte et surtout se rencontre.

40e édition SPACE 2026