Jean-Camille Siclon
Sur le terrain
Nouvelle génération agricole

#témoignage de récolte : « Nous avons quand même eu quelques belles surprises ! »

Jean-Camille Siclon, jeune agriculteur de 33 ans, possède 175 ha de grandes cultures dans la plaine argilo-calcaire du Sud Vendée. Il nous raconte sa moisson 2021, d’une voix légèrement enrouée, qu’il doit à un week-end festif : la Fête de l’agriculture de Vendée qui a eu lieu les 21 et 22 août a accueilli près de 40 000 visiteurs ! 

Je suis installé depuis 2013, et je peux dire que cette année, la moisson a été particulièrement compliquée en raison du mauvais temps. C’est vraiment exceptionnel d’avoir de la pluie trois semaines d’affilée ! Nous avons pris au moins 15 jours de retard. Alors qu’on finit habituellement de récolter le blé la première semaine de juillet, cette année nous avons achevé la moisson du blé vers le 20 juillet. Dans le coin, nous avons fait en moyenne 65 quintaux de blé par hectare soit une dizaine de quintaux de moins par rapport à l’année dernière. Mais les rendements sont très hétérogène, car dans le Sud Vendée nous avons trois types de territoires : la plaine argilo calvaire – où je suis –, le marais poitevin et le bocage qui est celui qui a le plus souffert.
De plus, à cause de l’excès d’eau, l’indice de chute de Hagberg qui permet d’évaluer la qualité du blé ne sera pas très bon. Nous risquons d’avoir entre 40 et 50 euros de pénalités par tonne de blé dur.
En orge, j’ai fait 72 quintaux, à peu près pareil que l’année dernière. Je n’ai pas encore récolté la luzerne, mais je pense que le rendement sera très moyen à cause des pluies du mois de juin, tombées pile au moment de sa floraison. Le maïs n’est pas encore récolté non plus, mais il ne s’annonce pas trop mal.

Malgré tout, nous avons quand même eu quelques belles surprises lors de cette moisson ! En colza, par exemple, nous avons fait des rendements exceptionnels, qu’on n’avait jamais connus. On est monté jusqu’à 55 voire 60 quintaux par hectare. Ceci, grâce au temps sec que nous avons eu au moment de sa floraison en avril, ce qui lui a permis de faire du grain, puis aux deux mois de pluie en mai et juin qui ont contribué à bien nourrir la plante et à remplir les gousses. Nous avons eu des poids spécifiques énormes, aux alentours de 68 kg/hl alors que nous sommes habituellement plus proches des 60 kg/hl.
Contre toute attente, les haricots verts s’en sortent bien aussi cette année ! On est sur des rendements qu’on avait presque jamais fait. Pour ma part, je suis à 13,4 tonnes/ha, mais certains voisins ont fait des pointes à 18 tonnes/ha ! Certes, les haricots sont gorgés d’eau, on n’est pas sur des extra fins et on sera payé un peu moins cher la tonne, mais ce ne sont tout de même pas des concombres ! (rires)