SIA 2022 : publication d’un livre blanc sur le renouvellement des générations en élevage bovin, ovin et caprin
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SIA 2022 : publication d’un livre blanc sur le renouvellement des générations en élevage

Une conférence de presse s’est tenue, mardi 1er mars, sur le stand de Jeunes Agriculteurs en compagnie de la Confédération nationale de l’élevage (CNE) pour présenter un livre blanc sur le renouvellement des générations en élevage bovin, ovin et caprin.

L’objectif de ce livre blanc est de « dynamiser l’installation en élevage », a rappelé Samuel Vandaele, le président du syndicat Jeunes Agriculteurs (JA). En effet, le sujet est critique, dans un contexte où 50 % des éleveurs ont aujourd’hui plus de 50 ans, et que les taux de remplacement ne suivent pas.

Selon les données de la MSA, c’est en vaches laitières que le taux de remplacement est le plus faible. Il n’est que de 45 % avec de fortes disparités régionales : 35 % dans le Sud-Ouest contre 84 % en Franche Comté. Les taux de remplacement en ovins et caprins sont bien meilleurs et avoisinent les 100 %. Mais dans ses productions, le turn-over est élevé et les carrières plus courtes. « En petits ruminants, il y a beaucoup de “Nima” (Non issus du monde agricole, NDLR) qu’on ne retrouve plus 5 ans plus tard car plus fragiles », a souligné une intervenante elle-même éleveuse non issue du monde agricole. « Chez JA, on tend la main à ces Nima car ils ont toute leur place dans l’agriculture, a indiqué François-Etienne Mercier, vice-président chez JA. Cependant il faut leur faire prendre conscience que c’est un métier professionnel qui requiert des compétences, même si on n’est pas dans l’obligation d’avoir un diplôme pour s’installer. »

Éviter à tout prix le choc des transmissions

Aujourd’hui, le constat est qu’il y a une inadéquation entre l’offre d’exploitations à reprendre ou d’associations et la demande des candidats à l’installation. « Les profils d’aujourd’hui et de demain ne sont pas les profils qu’on avait dans le passé, a fait observer Yohann Barbe, éleveur laitier dans les Vosges. Il faut qu’on apprenne aux deux publics à se parler. »

Comment un Nima peut-il s’installer dans un Gaec déjà bien structuré ? Comment intégrer un jeune dans une structure sans faire prendre trop de risques à l’associé ? Ce sont des questions qui méritent qu’on s’y intéresse, car les réponses qui y seront apportées seront déterminantes dans les futures installations. Selon François-Etienne Mercier « un Nima peut tout à fait s’installer dans un Gaec si on lui laisse la liberté de mettre en place son projet et de faire l’agriculture qu’il veut ». La clé de la réussite selon lui : l’accompagnement humain pour les cédants, le dialogue et le respect mutuel, mais aussi être capable de « sécuriser le projet d’installation financièrement et humainement sur les 5 premières années ».

Parmi les solutions proposées dans le livre blanc, on retrouve aussi celle de favoriser les installations progressives. Par exemple, le repreneur pourrait progressivement gagner en responsabilités jusqu’à devenir chef d’exploitation, tandis qu’on pourrait imaginer que le cédant devienne salarié sur l’exploitation les dernières années de sa carrière. La transmission est d’ailleurs un sujet qui doit être pensé et réfléchi dès son installation, a estimé François-Etienne Mercier, justement pour éviter de se retrouver au pied du mur au moment de céder son exploitation.

Le livre blanc est à télécharger sur : www.devenir-eleveur.com