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Néonicotinoïdes: des contraintes dans la rotation

La France vient d’accorder une dérogation pour l’utilisation des néonicotinoïdes sur betteraves sucrières, mais sous certaines conditions. Des cultures comme le maïs et le colza sont interdites dans l’année ou les deux ans qui suivront la culture de la betterave. 

Semis de betteraves traitées avec une néonicotinoïde.

Après une année 2020 catastrophique pour la betterave à cause d’infestations sans précédents de pucerons vecteurs de la jaunisse, la France vient d’accorder pour les semis 2021, une dérogation de 120 jours pour l’emploi en traitement de semences, de deux néonicotinoïdes Gaucho 600 FS, à base d'imidaclopride, et Cruiser SB, à base de thiaméthoxame, complétés chacun par de la téfluthrine.

Pas de colza, maïs ou pommes de terre en 2022

Cette dérogation s’accompagne de plusieurs contraintes dont la plus pénalisante pour les agriculteurs est le choix des cultures qui vont suivre la betterave dans la rotation, y compris pour l’implantation de couverts végétaux. Les agriculteurs ne seront par exemple pas autorisés, en 2022, à semer du colza, du maïs ou des pommes de terre. Si le maïs et les pommes de terre sont autorisées à partir de 2023, le colza ne pourra revenir dans la rotation qu’en 2024.

Des cultures non mellifères

De façon plus précise, selon l’ITB, Institut Technique de la Betterave sucrière, seuls pourront être cultivés l’année qui suit une betterave sucrière traitée à l’imidaclopride ou au thiaméthoxam, de l’avoine, du blé, des choux, des cultures fourragères et légumières non attractives pour les abeilles, des endives, de la fétuque, du moha, des oignons, de l’orge, du ray-grass et du seigle. À partir de la deuxième année qui suit une betterave, pourront être introduits en plus dans la rotation, du chanvre, du maïs, du pavot ou de l’œillette et des pommes de terre. C’est seulement à partir de la troisième année après la betterave, soit à partir de 2024 pour une betterave traitée cultivée en 2021, que l’on pourra retrouver du colza, des cultures fourragères ou légumières mellifères, de la féverole, du lin à fibre, de la luzerne, de la moutarde tardive, de la phacélie, des pois, des radis, du tournesol, du trèfle et des vesces.

Des exceptions pour le maïs et le colza

Ce cadre très précis pourra faire l’objet de modifications pour le colza et le maïs, selon un processus qui va être évalué par l’Anses courant 2021. En revanche, on sait déjà que si l’Anses accorde une autorisation pour implanter du maïs après une culture de betterave dès 2022, l’agriculteur doit semer cette année le tour complet de sa parcelle de betteraves, avec des semences non traitées avec une néonicotinoïde, sur au moins dix-huit rangs et au moins huit mètres.

Une dose revue à la baisse

« Les doses de néonicotinoïdes acceptées sont de 75 % de la dose d'AMM, Autorisation de Mise en Marché, précise également l’ITB. Ce dosage permettra, en contrôlant les populations de pucerons, de lutter contre les jaunisses virales et plus généralement contre les ravageurs souterrains et aériens de la betterave ».