Betteraves détruites après avoir reçu un herbicide interdit
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Betteraves : contamination par des phytos interdits

L’utilisation d’un premier herbicide interdit en France et d’un second, autorisé mais sur d’autres cultures que la betterave, ont touché plusieurs milliers d’hectares en 2021. L’impact financier est considérable.

Après une année 2020 très compliquée pour cause de jaunisse et de sécheresse, les producteurs de betteraves doivent faire face cette année, à des applications de produits phytos non autorisés sur la culture. Deux produits sont concernés, fabriqués par la société Adama dans son usine implantée en Israël.  

Près de 7000 ha détruits

Le premier herbicide, Marquis, comportait des substances actives interdites dans l’Union européenne dans deux lots vendus en France. Près de 7 000 ha de betteraves ont été touchés, essentiellement dans le Grand Est, mais aussi dans les Hauts-de-France. Dès qu’il a eu connaissance du dossier, le ministère de l’Agriculture a ordonné la destruction des parcelles concernées. L’ITB, Institut technique de la betterave, a épaulé les agriculteurs de façon à identifier les techniques les plus efficaces pour détruire les parcelles. Les agriculteurs ont opté soit pour une combinaison de passages de différents outils ou par une application de glyphosate suivi par un passage mécanique.

Les filières non-alimentaires

Le deuxième dossier, celui qui concerne les applications de Goltix Duo ou Tornado Combi, son autre nom commercial, est à la fois moins préjudiciable pour les agriculteurs mais plus complexe à gérer pour les industriels. Une substance active autorisée en Europe sur les céréales à paille et les pommes de terre, le diflufenican, s’est retrouvée par erreur dans six lots de l’herbicide betteraves, vendus un peu dans toutes les régions. Environ 8 000 ha ont été touchés. Comme la molécule incriminée est autorisée en France, le ministre de l’Agriculture a cette fois décidé de maintenir la récolte des betteraves, mais de les aiguiller uniquement vers des débouchés non alimentaires, le bio-éthanol pour le sucre, et la méthanisation pour les pulpes. « Chez nous, ces betteraves ont été arrachées en début de campagne ou le seront en fin de saison, et seront toutes traitées dans une seule usine, celle de Bucy-le-Long, souligne Tereos. Cette décision va entraîner des coûts logistiques très importants ».

Un préjudice à estimer

Dans un cas comme dans l’autre, les négociations sont en cours avec la société Adama pour que les 1 000 agriculteurs concernés puissent être indemnisés du préjudice occasionné, c’est-à-dire pour la perte de chiffre d’affaires et le cas échéant, pour les frais de destruction. Les discussions sont aussi en cours avec les groupes sucriers qui ont à supporter des charges logistiques supplémentaires ainsi qu’avec les entreprises de travaux agricoles qui dans un secteur donné, se voient privées d’une partie de leur chiffre d’affaires, alors qu’elles viennent pour la plupart d’investir dans du matériel de récolte.