Les propositions de l’Inrae pour un changement d’échelle de l’agriculture bio
Innovations
Transition écologique

L’Inrae présente ses propositions pour augmenter les surfaces en bio

Alors que se tient cette semaine le Congrès mondial du bio, les chercheurs de l’Inrae ont dévoilé mardi 7 septembre en conférence de presse, les leviers qu’ils identifient pour augmenter significativement la part de surfaces bio cultivées en France.

Métabio est le nom du programme de recherches interdisciplinaires qui devra « identifier les verrous et les leviers pour faire progresser le bio », a indiqué, Philippe Mauguin, président de l'institut. Actuellement, 9 % de la SAU française est déjà passée au bio, c’est 0,5 % de plus que la moyenne européenne (8,5 %). L’objectif de l’Inrae est de faire changer d'échelle l’agriculture biologique en dépassant l'objectif des 25 % de terres cultivées en bio fixé par l’Union européenne dans le cadre du Green Deal (Pacte Vert) d’ici 2030, pour atteindre les 50 %.

Pour ce faire, l’Inrae a créé dix-sept dispositifs expérimentaux partout en France, incluant des exploitations en grandes cultures, arboriculture, polyculture-élevage ou encore viticulture. « Dans Métabio, nous travaillons sur les ressources nécessaires au bio (qualité des sols, génétique animale et végétale, etc.), sur la qualité des produits, la coexistence du bio avec les autres systèmes d’agriculture, la stratégie des marchés… », développe Françoise Médale, directrice de recherche à l’Inrae.
 

Maintenir les minéraux dans les sols

Dans le cadre de ce programme de recherche, plusieurs leviers ont déjà été identifiés pour accompagner le changement d’échelle de la production bio.  
En premier lieu, le maintien des minéraux (azote, phosphore et potassium) dans les sols est un enjeu crucial, en particulier dans un contexte de raréfaction du phosphore. À cela s’ajoute, depuis le début de l’année 2021, l’interdiction du recours aux fientes de volailles et lisiers de porcs provenant d’élevages industriels, pourtant riches en phosphore, pour les exploitations bio.
Plusieurs pistes d’améliorations sont également identifiées dans le cas de l’azote, comme la diversification des systèmes de culture. Selon l’Inrae, « une augmentation des surfaces en légumineuses fixatrices d’azote atmosphérique pourrait fournir l’azote nécessaire à l’expansion de l’agriculture biologique ».

Enfin, l’institut recommande de favoriser le recours au biocontrôle et aux fertilisants naturels. Selon Claire Jouany, chargée de recherche à l’Inrae, « la polyculture-élevage est un levier pour la transition écologique, elle permet de ne pas avoir recours à des fertilisants ».
Reste à savoir si les consommateurs sont prêts à suivre la tendance. Selon Cécile Destang-Dessendre, directrice scientifique adjointe Agriculture, « Le consommateur valorise mieux le local que le bio ». D’où la proposition de l’Inrae de coupler davantage le bio au local.