serre de maïs
Innovations
Nouvelles technologies

Les JA innovent ! Laura Maniago et ses amis les insectes auxiliaires

Utilisés dans ses champs de maïs comme dans ses serres de légumes, les insectes auxiliaires de la jeune installée de 27 ans sont loin d'être de simples accessoires.

Laura Maniago dans une de ses serres

Lorsqu’elle s’installe en 2018 à Plagne dans l'Aude, Laura Maniago se donne un credo : utiliser le moins de produits phytosanitaires possible, particulièrement dans ses serres tunnels. « Depuis le début, je réfléchis comme ça. Je n’avais pas envie de faire de pulvérisation sous serre, je trouve qu’on est mal protégé », juge l’agricultrice. Trois ans plus tard, celle-ci est fière de réaliser une conduite raisonnée et en lutte intégrée sur ses 40 hectares d’exploitation, dont dix de maraîchage.

« Dans les faits, cela veut dire que l’on utilise des produits phytosanitaires uniquement lorsque le seuil de nuisibilité sur les plantes est atteint », explique la jeune femme. Son arme secrète ? Les insectes dits auxiliaires, qu’elle utilise aussi bien pour son maïs que pour ses légumes. Dans le cas du maïs, ce sont les trichogrammes, de minuscules insectes appartenant aux hyménoptères (abeilles, guêpes, fourmis, etc.), qui opèrent « en pondant dans les œufs des ravageurs », en l’occurrence la pyrale du maïs. Une opération qui permet à Laura de substituer le recours à deux insecticides.

Un bourdon pollinisateur

Suppression d’insecticide et pollinisation

Outre la substitution des insecticides, Laura Maniago a également recours aux insectes auxiliaires pour la pollinisation de ses melons, courges, et autres poivrons. « Je dépose la ruche de bourdons dans la serre, et ils font leurs va-et-vient comme ils le souhaitent. Au total, ça représente 800 bourdons pour 500 m2 ». Et, aussi étonnant que cela puisse paraître, ceux-ci lui sont envoyés par la poste, tout comme les insectes auxiliaires, ce qui amuse toujours la maraîchère. « Les bourdons sont livrés dans des sortes de boîtes à chaussures et les insectes dans des fioles de chimistes. C’est vraiment microscopique, j’y vais à la loupe pour reconnaître les insectes ! »

Ensuite, différents types de poses sont possibles. Soit la jeune agricultrice pose simplement des sachets de larves à chaque pied, soit elle « parsème de la poudre de larves sur les feuilles des légumes, par exemple sur les nids de pucerons ». Autre avantage, certains insectes auxiliaires se sont adaptés à leur environnement, ce qui permet à l’agricultrice de retrouver la même espèce chaque année sans nouvelle intervention de sa part.
Avide d'innovations, Laura Maniago lorgne depuis quelque temps sur un nouveau joujou pour ses insectes : un drone. « Il y a eu des essais l’année dernière de lâchers de trichogrammes sur des productions de maïs semence. On peut penser qu’on va bientôt pouvoir gérer une partie des ravageurs comme ça », projette déjà la jeune installée.

Serre tunnel