Arnaud Gaillot, président de Jeunes Agriculteurs, et Pierrick Horel, secrétaire général de Jeunes Agriculteurs (crédit photo: Clémentine Vignon, JAMAG)
Politique et société
France

« La loi d’orientation et d’avenir agricole est la priorité de la nouvelle mandature JA. »

Arnaud Gaillot, 35 ans, a été élu président de Jeunes Agriculteurs. Il succède à Samuel Vandaele avec lequel il a formé un duo reconnu pour sa complémentarité. Éleveur de vaches laitières dans le Doubs pour la production de comté et de morbier, il revient sur les futurs grands défis du monde agricole et en profite pour partager ses premiers messages au réseau JA.

Arnaud Gaillot, président de Jeunes Agriculteurs (crédit photo: Clémentine Vignon, JAMAG)
Arnaud Gaillot, président de Jeunes Agriculteurs (crédit photo: Clémentine Vignon, JAMAG)

Était-ce la suite logique pour vous d’accéder à la présidence ?

La suite logique, pas forcément. J’étais pleinement investi dans mon mandat de secrétaire général. À l’époque, la limite d’âge des 35 ans ne me faisait pas poser de questions quant à la suite de mon parcours à JA. Dès lors qu’a été voté le changement d’âge à 38 ans, et que Samuel [Vandaele] a partagé son intention d’arrêter, c’est là que j’ai commencé à y réfléchir. J’en ai ensuite parlé à la maison et avec mon associé pour valider avec eux mon choix de me présenter.

Vous les avez consultés en amont ?

Bien sûr. Je ne conçois pas qu’une telle décision puisse être prise sans concertation avec ma famille et mon collègue. Ce genre de choix nous engage, mais engage aussi et surtout notre entourage. C’est normal et un impératif d’en parler avec lui. Une fois que ça a été validé, j’ai pris la décision de me lancer dans l’aventure.

On dit souvent « nouveau mandat, nouveaux défis », lesquels sont-ils ?

La loi d’orientation et d’avenir agricole est la priorité de la nouvelle mandature d’élus JA. Cette loi devra promouvoir notre métier, rénover l’enseignement et la formation, faciliter la transmission des fermes et l’installation des jeunes, et bien sûr préserver nos terres. On va fortement pousser pour qu’elle voie le jour.

Le but d’avoir 37 élus au conseil d’administration, c’est d’avoir aussi du temps pour se mobiliser sur d’autres dossiers. La prédation, les EGA qu’il faut continuer de pousser, car sans revenu ce sera compliqué de motiver des jeunes à s’installer, le défi environnemental en cherchant encore et toujours à limiter et réduire notre impact sur terre. Et ce, tout en préservant nos productions dans un contexte d’aléas climatiques de plus en plus extrêmes et récurrents. Il faut aussi que l’on continue de plancher sur les innovations, sur le volet carbone et bien d’autres sujets.

Auriez-vous un mot à partager aux jeunes du réseau ?

Un mot, ça va être compliqué [rires]. J’ai envie de les remercier en premier lieu pour m’avoir accordé leur confiance. J’ai aussi envie de leur dire : Croyez en ce que vous faîtes, soyez fiers de votre métier, de vos engagements et allez porter vos convictions auprès de nos politiques et de nos concitoyens. Car c’est par le dialogue, par l’écoute et l’échange que l’on arrivera à casser les stéréotypes, les réticences des uns et des autres et de ce fait, à avancer tous ensemble.

« Il faut augmenter nos rangs pour faire entendre notre voix. »

« Il faut augmenter nos rangs pour faire entendre notre voix. »

Après deux années en tant que secrétaire général adjoint du syndicat des Jeunes Agriculteurs, Pierrick Horel, 32 ans et éleveur dans les Alpes-de-Haute-Provence, a été élu secrétaire général national de JA.

Les sujets syndicaux sont au cœur de la mission du secrétaire général. Quels sont les grands chantiers à venir ?

Quand je me suis engagé à l’échelon national il y deux ans, j’avais à cœur de traiter le sujet de l’âge limite d’éligibilité chez JA. Le changement d’âge voté à la dernière Université d’hiver a été une première satisfaction pour moi, mais il faut qu’on aille plus loin en engageant une réflexion sur l’avenir du syndicat. Le grand défi aujourd’hui est de parvenir à stabiliser voire à inverser la courbe des adhésions. Pour cela, nous devons retourner dans les cours de ferme pour discuter avec les agriculteurs de ce qu’est le syndicalisme agricole et de ce qu’il apporte au métier. Il est nécessaire de recréer des interactions sociales en privilégiant les échanges directs. Ça va demander beaucoup de travail, mais on est là pour ça !

Comment percevez-vous le réseau aujourd’hui ?

Le réseau est dynamique, de plus en plus ouvert. Les jeunes qui adhérent à JA ont envie de s’investir dans la défense et la compréhension de leur métier. Ils ont plein d’attentes, et je saurai être leur porte-parole.

Comment fonctionnera votre duo avec le président Arnaud Gaillot ?

Avec Arnaud, on partage la même vision et la même méthode de travail. Nous allons continuer à beaucoup échanger et discuter. Je mettrai un point d’honneur à ce qu’on se dise vraiment les choses. Je n’ai aucune appréhension, nous sommes en parfaite adéquation sur la ligne politique syndicale du réseau à donner et sur la stratégie de recherche d’adhérents. Je commence ce nouveau mandat avec beaucoup d’enthousiasme et de motivation !