Installation : une nouvelle méthode pour la Région Bretagne
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Installation : une nouvelle méthode pour la Région Bretagne

La Région Bretagne vient de voter sa nouvelle politique en faveur de l’installation-transmission en agriculture. Avec un objectif affiché : 1 000 installations aidées de jeunes agriculteurs par an d’ici 2028, soit le double de ce qui se fait actuellement. 

Le plan d’action de la Bretagne en faveur de l’installation-transmission a été adopté par le conseil régional, le 16 décembre à Rennes. Toute une série de mesures vont être mises en œuvre pour améliorer la transmissibilité des exploitations, préserver, restructurer et orienter l’usage du foncier agricole ; attirer et former aux métiers de l’agriculture ; et territorialiser l’installation-transmission en s’appuyant sur les structures intercommunales.

Ce plan d‘action a été travaillé pendant un peu plus de six mois à l’occasion des États généraux de l’installation-transmission, de l’automne 2021 au début de l’été 2022. Près de 150 acteurs (collectivités, syndicats, coopératives, chambres d’agriculture, centres de formation…) ont été sollicités pour travailler sur quatre thématiques que sont la transmission, le foncier, la mobilisation des territoires, et l’attractivité. 87 pistes ont été identifiées.

La Bretagne, première région agricole de France avec 26 300 exploitations (36 400 chefs d’exploitation et co-exploitants), dont 63 % sont spécialisées en productions animales, présente une dynamique d'installation d'en moyenne 750 agriculteurs par an dont 500 avec des aides. Dans le même temps, environ 1 500 exploitants font chaque année valoir leurs droits à la retraite. Elle ne parvient donc à remplacer qu’un agriculteur sur trois en moyenne.

Si les installations dans les filières hors-sol (volaille chair et ponte, porc…) restent stables, les projets « hors grandes filières » (ovin, caprin, équin, maraîchage) augmentent. « Près de la moitié des installations se font aujourd’hui en hors cadre familial et une large partie concerne des personnes non issues du milieu agricole », précise la Région Bretagne. Autre indication : les installations se font à 40 % en agriculture biologique.

500 diagnostics installation visés par an

Pour répondre aux enjeux de l’installation en agriculture en Bretagne et conforter la souveraineté alimentaire, la Région veut anticiper le départ en retraite des cédants en leur proposant un « diagnostic 360 » pour leur donner le plus de chances de transmettre leur exploitation. La Région vise 500 diagnostics par an pour un budget de 500 000 euros. Le soutien à l’installation va faire l’objet du versement d’une DJA unique de 22 000 euros. Le prêt d’honneur de la Région (Brit) va être renforcé et étendu à la filière laitière qui en était jusqu’à présent exclue.

En matière de foncier agricole, la Région Bretagne va se doter d’un observatoire du foncier « pour maîtriser la restructuration parcellaire et faciliter les transmissions, en lien avec les chambres, la MSA, les EPCI, et la Safer ». Elle va également mettre en place une foncière agricole pour faciliter les échanges, notamment en y associant les structures intercommunales soucieuses d’agir dans ce domaine.

Citons encore différents outils de promotion des métiers de l’agriculture et une nouvelle stratégie de formation pour parvenir « à l’objectif de 900 candidats à l’installation en 2025 », explique la Région Bretagne. Pour Charles Fossé, président des JA Bretagne, « ce plan va dans le bon sens parce qu’il travaille à la fois l’installation et la transmission », explique-t-il. Sans doute faudrait-il anticiper la transmission « une dizaine d’années avant le départ en retraite des cédants » et privilégier l’installation d’agriculteurs formés au niveau 4 pour qu’ils disposent des connaissances requises.