Politique et société

« Si les États venaient à signer l’accord, nous nous mobiliserions »

Ce lundi 5 janvier 2026, à Matignon, le Premier ministre a reçu Pierrick Horel, président de Jeunes Agriculteurs, Quentin Le Guillous, secrétaire général, et Maxime Buizard-Blondeau, vice-président du syndicat. Une rencontre programmée dès avant les vacances de fin d’année, à l’issue de laquelle le chef du gouvernement s’était engagé à poursuivre les échanges dès la rentrée.

Paris, le 5 juin 2026 – Pierrick Horel (Président), Quentin Le Guillous (Secrétaire général) et Maxime Buizard-Blondeau (Vice-président) de Jeunes Agriculteurs (JA) ont été reçus pendant deux heures par le Premier ministre Sébastien Lecornu à Matignon.

Au cœur des discussions : l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. À la sortie de l’entretien, Pierrick Horel a réaffirmé la position ferme de Jeunes Agriculteurs : « C’est un traité de libre-échange qui reste inacceptable pour les agriculteurs. Nous refusons d’importer une agriculture que l’on s’interdit de produire sur notre territoire. »

Le président de JA a également prévenu que la mobilisation se poursuivrait sur le terrain européen : 

« On restera mobilisés parce que c’est un sujet européen. Si les États venaient à signer l’accord, nous nous mobiliserions auprès du Parlement européen, le 19 janvier, pour faire entendre la voix des Jeunes Agriculteurs, celle du rejet du Mercosur. »

Autre point abordé lors de la rencontre : la gestion de l’eau. Un sujet sur lequel le syndicat reconnaît des avancées, notamment à la suite du courrier adressé le 4 janvier par le Premier ministre aux organisations agricoles. Mais là encore, Jeunes Agriculteurs attend des actes concrets. « Il y a des objectifs presque incantatoires au niveau de l’État, mais peu de concrétisation pour les agriculteurs sur les territoires », a souligné Pierrick Horel. Avant d’ajouter : 

« Ce que nous demandons, ce sont une centaine de projets qui aboutissent sur le terrain, non pas dans un an, mais dans les prochains mois, pour envoyer un signal fort et positif aux agriculteurs. » 

Les représentants du syndicat ont aussi abordé la question du budget de la Politique agricole commune (Pac). Jeunes Agriculteurs demande le maintien d’un budget à la hauteur des enjeux, intégrant l’effet de l’inflation. « On veut un budget maintenu, avec prise en compte de l’inflation », a insisté Pierrick Horel.

Autre dossier sensible évoqué lors de la rencontre : le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). Sur ce point, le président de JA a rappelé la ligne du syndicat : 

« L’Europe et la France doivent se débrouiller pour que ça ne coûte pas un euro aux agriculteurs français. »

Une rencontre que Jeunes Agriculteurs inscrit dans la continuité des échanges engagés avec le gouvernement, alors que les dossiers européens et structurants pour l’agriculture française restent au cœur des tensions.