Politique et société

Engrais : Bruxelles explore la piste des recettes carbone

Face à la flambée des prix des engrais, le commissaire européen à l’Agriculture et l’Alimentation, Christophe Hansen, exclut toute suspension du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). Il plaide plutôt pour un dispositif compensatoire en faveur des agriculteurs, financé notamment par les recettes du MACF et du marché carbone européen (ETS).

Christophe Hansen exclut toute suspension du MACF.

Intervenant le 3 mars lors d’un événement du think tank Farm Europe, le commissaire a estimé qu’il fallait « examiner les revenus du MACF et ceux des échanges de quotas d’émission ». Une manière, selon lui, de corriger les distorsions entre acteurs : « Certains n’investissent pas, tandis que d’autres, comme nous, investissent dans le captage et le stockage du carbone. » 

Même si son porte-parole juge « trop tôt » d’anticiper l’utilisation de ces fonds — qui n’alimenteront les ressources propres de la Commission qu’après 2027 —, Christophe Hansen a esquissé les contours d’un futur plan d’action. Avec comme objectif : encourager l’usage d’engrais moins énergivores, notamment organiques, via une nouvelle législation. Les biofertilisants figurent également parmi les pistes évoquées, à plus long terme.

Une ligne déjà défendue au Salon international de l’Agriculture, le 25 février, où le commissaire avait écarté la suspension du MACF pour les engrais, préférant « un mécanisme compensatoire » pour amortir le choc des prix.